31.05.2008
Ma vie 15
Je me souviens avec nostalgie de la dernière saison des battages organisée dans la cour de cette ferme, nous étions une vingtaine de personnes de tous les âges qui y participions, la batteuse placée au milieu de la cour, un peu plus à gauche de l'entrée, sous les tilleuls une longue table avait été dressée, sur la nappe blanche les femmes préposées à la cuisine installaient artistiquement les couverts.
La journée s'annonçait radieuse, le soleil était déjà haut dans le ciel. Lorsque la première charrette de gerbes de blé entrât dans la cour ce fut une explosion de joie et de bravos. Les hommes accélérèrent la machine et prirent leur place autour de celle-ci.
Je faisais partie de l'équipe qui approvisionnait la batteuse, muni d'une fourche je saisissais les gerbes et d'un coup de reins je les envoyaient sur le dessus de la machine ou une autre équipe se chargeait de les enfourner. C'étaient des rires, des apostrophes, des invectives qui fusaient de toute part dans la bonne humeur. Chacun avait sa place, les hommes aux travaux de force, les femmes à la cuisine et à la distribution des boissons.
La fête dura trois jours, trois longues journées à l'issue desquelles fut servi un repas mémorable, un violoniste et un accordéonistes étaient venus, selon la tradition, animer cette fin de battages, ce fut un véritable délire, les hommes ivre de fatigue et de vin, ne pouvant plus rentrer à la maison, se couchèrent sur la paille de la grange.
Mais ces joie étaient peu nombreuses et le reste du temps la monotonie de l'a vie reprenait le dessus, les semaines, malgré tout s'ajoutaient aux semaines lorsque, brutalement, l'événement que tout le monde attendait vint nous réveiller de notre torpeur.
Le débarquement des troupes alliées avait eu lieu ce matin en Normandie.
Cette fois ça y était, la guerre allait bientôt finir, de petits groupes se formèrent près des postes de radio, on voulait écouter les dernières nouvelles, déjà on savait que tout allait changer et je me demandai quel serait mon avenir. Il me semblait, sans en être certain, que jusqu’à ce jour j’avais fait le bon choix, mais soudain, une peur rétrospective m’empourpra le visage en songeant, qu’admiratif de l’Allemagne, comme je l’étais à 17 ans, j’aurais pu me retrouver, sur le front russe, dans la LVF et je me dis qu’on n’était pas toujours maître de ses choix, donc de son destin.
Il me semblait cependant avoir eu beaucoup de chance. J'avais échappé à la mobilisation. Cela je le devais à mes parents qui au moment de ma naissance avaient joué avec le calendrier en différents d'une journée mon inscription au registre d'état civil. Ces trois dernières années, je les années passées comme dans un rêve, dans un endroit protégé où non seulement j'avais pu me rendre utile mais également, à prendre plein de choses. Enfin j'avais échappé au service du travail obligatoire et sa je le devais en partie à ma primo infection ainsi qu'a mon médecin chef qui avait jouée quelque peu avec les attestations de maladie qui me concernaient.
Bien qu’organisme d'État, créé sous l'égide du maréchal Pétain avec l'accord des Allemands, les cadres des chantiers de la jeunesse étaient en grande majorité, favorable au général de Gaulle et partageaient l'idée d'une France libérée de ses oppresseurs.
Ces cadres été composé en majorité d'anciens militaires, humiliés par la défaite cuisante de l'armée française. Bien que les discussions politiques aient été proscrites, nous suivions avec attention l'évolution du front ainsi que les circonvolutions politiques des membres du gouvernement de Vichy. Nous évoquions les prouesses des maquis, de leur résistance aux troupes allemandes. Nous savions que ceux-ci se renforçaient grâce à l'adhésion des jeunes réfractaires au service du travail et obligatoire.
Nous connaissions les filières qui nous reliaent à certains maquis du centre de la France, de même que celle qui pouvait nous conduire en grande Bretagne au service du général de Gaulle.
Avec un groupe de copains nous avions formé le projet de rejoindre l'Angleterre en passant par l'Espagne. Nous connaissions un groupe de passeurs, malheureusement démantelé lorsque les Allemands occupèrent la zone libre. De ce fait à notre immense déception, notre projet devint caduc.
Enfin, cette fantastique nouvelle que tout le monde attendait parcourut les ondes : le débarquement en Normandie venait d'avoir lieu. Alors une incroyable tornade s'abattit sur les chantiers de la jeunesse.
Nous reçûmes l'ordre d'évacuation.
Etant responsable de la partie administratives de l'hôpital, je fis procéder au regroupement en de tout le matériel et des produits pharmaceutiques. Ce fut en pure perte, j'appris plus tard que tous ces colliers restés sur place avaient été pillés, on n'a jamais su par qui.
Ainsi la période des chantiers de la jeunesse prenait fin en même temps que s'écroulait le régime du maréchal Pétain. Je reçus un superbe diplôme que je ne résiste pas à vous montrer si après.

C'est alors que je reçus l'ordre de rejoindre le maquis où se formait le premier régiment d'infanterie. Je quittais la maison, ma femme retournait chez ses parents.
Le de
Ma compagnie, dont j'étais le sergent infirmier, avait établi son cantonnement dans une ferme située à proximité de la ville de Saint-Amand-Montrond.
La mission de ma compagnie était de réaliser, par des coups de main, le harcèlement des troupes allemandes qui remontaient vers la Normandie. Chaque fois qu'une colonne allemande était signalée parler éclaireurs, plusieurs commandos se mettaient en embuscade et attaquaient les soldats allemands et lorsque ceux-ci se préparaient à riposter, les commandos décrochaient et se repositionnaient un peu plus loin.
Je ne participais pas aux commandos, je restais au PC pour soigner les blessés éventuels. Pendant les quelques semaines que dura notre action, je n'eus qu'à intervenir une seule fois.
C'était au cours d'une nuit, je fus réveillé par la sentinelle qui me dit qu'on demander du secours dans une ferme de la région, une voiture m'attendait dans la cour, je savais que nous avions plusieurs groupes disséminés dans les fermes environnantes, je ne fus pas surpris, je m'habillais en toute hâte, je pris avec moi ma trousse de premiers secours et je montais en voiture.
Le camouflage des phares ne permettait pas au chauffeur de rouler dans la campagne, à vive allure, le trajet durera vingt minutes environ. La voiture s'arrêta dans une cour de ferme, près d'un bâtiment sans étage d'où l'on voyait un rais de lumière filtrer sous la porte d'entrée, les volets étaient fermés, un chien tirait sur sa laisse en aboyant fortement.
J'entrais dans la maison, trois femmes âgées m'accueillir et me conduisirent dans la chambre voisine. Une femme couchée dans le lit gémissait doucement, je m'approchais, je l'interrogeais, qu'elle ne fût pas ma surprise d'apprendre qu'elle attendait que je l'assiste pour son accouchement qui semblait imminent, elle avait déjà perdu les eaux.
Je ne m'en serais jamais sorti si ces femmes n'avaient pas été là, sur tout lorsqu'il avait fallu couper le cordon ombilical, je fus obligé de reconnaître que je n'étais pas docteur, mais seulement infirmier.
L'une des personnes présentes a prit initiative de le faire à ma place.
Enfin tout se termina dans la joie d'une maman épuisée tenant dans ses bras une ravissante petite fille, par des rires, une bonne tasse de café au lait, et je quittais les lieux emportant, en guise de remerciement quelques provisions de bouche et une bouteille d'eau de vie de prunes.
Quelques jours après, nous prenions possession de la ville de Saint-Amand-Montrond. nous entrâmes dans la ville sur les camions habillés de drapeaux tricolores, tous les habitants étaient dans la rue, agitant des petits drapeaux, riants, nous acclamant en chantant, c'était du délire, on voulait nous toucher, nous embrasser,nous étions vraiment les héros du jour.
Dans cette ville en liesse, nous prîmes nos quartiers dans tous les endroits stratégiques et je me retrouvai à l'hôpital que je connaissais bien pour y avoir envoyé bien des malades.
Une nouvelle période de vie allait commencer, combien de semaines ou de mois allait-elle durer. La guerre n'était pas encore terminée, les troupes allemandes opposées aux troupes alliées exerçaient une vive résistance.
J'avais été affecté à l'antenne médicale militaire composée d'un jeune médecin et de moi-même, nous avions comme mission d'assurer la permanence à l'hôpital et au dispensaire, de jour et de nuit. Lorsque nous n'étions pas de service, nous dormions à la caserne où nous disposions d'une chambre pour nous deux.
Bien vite le toubib, à peine plus âgé que moi, et moi-même sommes devenus des amis, lorsque nous nous retrouvions il me racontait les faits marquants de sa journée, je lui demandai des Conseils pour les cas difficiles que j'avais rencontrés.
C'était un beau gosse, pas très grand, sportif, un visage d'adolescent, une petite moustache et surtout des yeux d'un bleu des mers du sud, des yeux à se
noyer dedans.
Il avait un franc succès auprès des femmes, et la libération s'était également opérée dans les moeurs et le toubib en profitait, il était libre comme l'air. Le soir, quand nous nous retrouvions dans notre chambre il passait des heures entières à faire une toilette intime, intrigué, je lui demandais ce qu'il pouvait faire pendant ces minutes interminables une brosse à dents à la main, il se retourna et en me regardant il me dit : tu vois je vais te donner un conseil, si tu as un rapport sexuel non protégé alors dès que tu fais ta toilette, tu prends un verre d'alcool à 90°,tu trempes ton engin dedans, du laisses macérer pendant quelques minutes, ensuite tu prends ta brosse à dents, tu la plonges dans le vers d'alcool et tu frottes bien en insistant dans tous les plis de ta zigounette. Tu ne peux pas avoir une meilleure désinfection, donc pas de maladie sexuellement transmissible.
J'ai essayé, une fois, cette méthode, je ne peux pas vous dire si elle est efficace mais ce que je peux vous dire c'est que je préfère cent fois le préservatif.
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