23.06.2008
Ma vie 36
J'avais connu, dans cette même période, une recrudescence de mon activité, les hollandais avaient décidé de s'agrandir et d'acquérir deux nouvelles sociétés dont l'une se trouvait à Toulouse et cela confortait leur pôle d'attractivité avec Albi et Castres.
J'étais absorbé au maximum de mes disponibilités, cela me laissait peu de temps pour m'occuper de mes affaires personnelles et sentimentales, pourtant je pensais à Marie, à cette voix qui m'avait envoûté, à cette femme que j'avais rencontrée et à laquelle je m'efforçai de téléphoner dès que je le pouvais, c'était bien peu souvent.
Entre deux voyages, nous avions décidé de nous retrouver dans un hôtel de Paris le Suffren, il fallait que nous sachions si nos corps connaîtraient le même emballement que nos cœurs.
Je me demandais si c'était bien raisonnable de laisser grandir cet amour naissant. Elle avait 30 ans j'en avais 52. Mais le coeur a ses raisons que la raison ignore.
Et ce fut encore une révélation, plus forte encore que dans nos rêves les plus fous, nous nous sommes découverts, complètement, totalement, dans une douceur infinie, nous n'avions connu, ni l'un ni l'autre, une telle passion, une telle illumination, nous étions restés longtemps, très longtemps, l'un contre l'autre, éperdus de bonheur et nous aurions voulu que notre vie s'arrêta là et pourtant dès que nous nous étions quittés nous n'avions qu'un désir, que nous connaissions des lendemains aussi flamboyants.
Nous étions partis, chacun de nôtre côté, elle avait rejoint son foyer, j'étais retourné à ma vie professionnelle, nous nous aimions, cela ne faisait aucun doute et elle, comme moi, désirions malgré tout à conforter notre foyer, elle cherchait une maison, en dehors de Paris, j'en faisais de même.
Nous n'avions formé aucun projet de vie commune, elle avait, comme moi, deux enfants que nous voulions protéger, nous avions simplement formé le projet de nous retrouver, aussi souvent que nous le pourrions et de vivre cachés un amour merveilleux.
Les semaines qui suivirent ne nous permirent pas de nous retrouver et même les conversations téléphoniques furent peu nombreuses, elle avait trouvé la maison de ses rêves, en dehors de Paris dans un petit village, à Port -Mort, sur les bords de la Seine, j'avais trouvé la mienne en Seine-et-Marne, à Guérard, dans la vallée du grand Morin.
J'avais cinquante-trois ans, il me semblait que j'avais le droit de réduire mon activité professionnelle et de consacrer un peu plus de temps à ma vie personnelle et à mes enfants encore bien jeunes.
Les hollandais avaient accepté que je reporte toute mon activité sur ma société d'informatique à la condition que je reste leur contrôleur de gestion. J'avais accepté sachant que j'aurai beaucoup moins de déplacements à faire, je quittai mon bureau du siège et j'installais ma société d'informatique, la SIG, dans ma nouvelle propriété.
Ma propriété nouvelle comportait un terrain d'un hectare environ bordé au nord par la route de Crécy et au sud par la rivière le Morin, à l'ouest et à l'est, par des propriétés de grandes surfaces.
Deux bâtiments y étaient implantés le premier au centre du terrain était la maison principale aux toits pentus, recouverts de petites tuiles du pays, ouvert sur l'extérieur par de larges baies vitrées doté d'une tour abritant l'escalier qui desservait le premier étage, une maison secondaire qui avait du être, jadis, ne l'habitation du gardien de cette propriété, elle se trouvait en bordure de la route si l'on y ajoute le tennis, la source et les bois, c'était une très belle propriété.
La maison principale était mon habitation, le garage recevait l'informatique et le siège social de la SIG avait été installé dans la maison en bordure de route.
La maison principale avait une histoire. Construite il y avait quelques de dizaines d'années par son ancien propriétaire décorateur attitré de Sacha Guitry. Elle a servi de décor dans un film passant régulièrement à la télévision, dont le titre est : 1er avril, Bourvil ayant été l'acteur principal.
J’étais à nouveau fin prêt à lancer un nouveau développement de ma société.
Je ne voulais plus me disperser, j'avais ralenti mon activité auprès du groupe hollandais, je voulais reporter tous mes efforts sur ma société d'informatique.
J'avais perdu la clientèle du cabinet comptable et je savais que j'allais perdre, progressivement, les travaux du groupe. En effet, le développement de la micro informatique, allait apporter un changement radical dans les méthodes de travail.
D'après les études de marché que j'avais pu réaliser, je pensais que l'avenir de ma société était dans la diffusion et la distribution s'appuyant sur un service informatique performant
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