30.06.2008

Ma vie 42

De retour au bureau la vie reprit ses droits, j'avais une activité professionnelle, encore une fois, très mouvementée, par contre je voyageais beaucoup moins à l'extérieur de l'hexagone, j'avais de nombreux entretiens avec les éditeurs que nous représentions et, en vertu du contrat que j'avais signé avec les hollandais, j'assurai toujours la surveillance étroite de leurs sociétés françaises, j'avais été amené à licencier la maîtresse du directeur pour essayer de remettre de l'ordre dans la direction.

Mais le conflit, entre le directeur et sa femme, avait pris une telle ampleur que l'ordre ne semblait pas prêt de revenir.

Et ma société d'édition avait trouvé sa vitesse de croisière, nous étions connus honorablement et nous entretenions d'excellents rapports avec la plupart des grands éditeurs.

L'ouverture de notre bureau parisien nous avait conforté dans notre notoriété, l’édition avait ses exigences, pour être reconnus il fallait avoir un bureau de référence dans le quartier des éditeurs.

Notre activité d'éditeur allait entrer dans sa 6e année, nous commencions à disposer d'un fonds de livres très intéressant, il y avez dix BD de la collection de la vie des hommes, six anthologies poétiques, quatre ouvrages pratiques, deux ouvrages, dans la collection Les beaux livres, celui de Mady de la Giraudière et un recueil de photos sur la tauromachie réalisé par un photographe de la région de Toulouse.

La production de cassettes avait été aussi importante, il y avait, dans ce domaine, notamment une très belle réalisation de contes pour enfants.Et oui, nous étions les précurseurs de Marlène Jobert.

Notre studio d’enregistrement, avec Marie et notre ingénieur du son

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Notre activité de diffuseur, pour le compte des autres éditeurs, donnait d'excellents résultats et procurait, à notre entreprise, des revenus substantiels.

Tout semblait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais c’était ignorer que l’orage succède souvent au plus beau des soleils. Tout à mon activité je n’avais pas aperçu les gros nuages noirs qui s’amoncelaient à l’horizon.

29.06.2008

Ma vie 41

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Je ne me souviens plus dans quelles circonstances j’ai rencontré Mady de la Giraudière. Aujourd’hui j’ai l’impression de la connaître depuis toujours. Peut-être avais-je conservé au fond de ma mémoire l’une de ses apparitions à la télévision pour la présentation de l’une de ses œuvres, un superbe tableau composé de 9 toiles schématisant l’histoire depuis la perte du paradis jusqu'à la naissance de Jésus.

Certains d’entre vous connaissent ce tableau, reproduit ci-après, l’UNICEF l’ayant sélectionné comme carte de vœux il y a un certain nombre d’années.

Une carte de vœux de L’UNICEF représentant l’une des 9 toiles
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Cette grande artiste était très connue dans le milieu de la télévision, elle nous avait mis en relation avec Jacques Chancel, Armand Jamot, et José Arthur.

Nous avions également présenté nos livres au salon de la BD à Angoulême.

Puis, ce fut le salon du livre qui se tenait, cette année là, à Nice. Nous y avions installé un très beau stand ouvert à tous les publics et mis en valeur par les visites fréquentes de Jacques Chancel.

Cette manifestation m'avait permis de joindre l'utile à l'agréable, l'utile était sur le plan publicitaire de faire connaître notre maison d'édition et José Arthur qui disposait de deux heures d'antenne, chaque soir, nous avait accordé une interview et nous avions pu parler largement de notre maison.

L'agréable, c'était, avant tout, la présence de Marie à mes côtés pendant les huit jours de cette manifestation, un vrai bonheur, se retrouver là, tous les deux, en dehors de toute contingence, c'était, sans aucun doute, un vrai bonheur.

En soirée lorsque nous n'étions pas prêts de rentrer à l'hôtel, nous allions jouer quelques jetons au casino en compagnie de Jacques Chancel et de José Arthur, c'est dans ces moments où on a le plus de possibilité de connaître un peu mieux les gens.

Au cours de cette semaine, nous avions effectué, par avion, un voyage à Toulouse où Marie devait passer à la télévision régionale, elle devait être interviewée sur la production de nos BD, je l'avais accompagnée et nous avions retrouvé la femme du directeur de Couilly, au cours d'un repas amical, superbe repas à bord d'une péniche amarrée sur la Garonne.

En rentrant de Nice à Couilly, Marie avait pris le volant, j'adorais lorsqu'elle conduisait, sa douceur naturelle se retrouvait dans sa façon de conduire, je m'abandonnai, souvent nous discutions ensemble, parfois je m'assoupissais, je me souviens que nous nous étions arrêtés à Montélimar, nous avions acheté des produits régionaux, du nougat, notamment, dont j'étais friand.

Ce voyage de retour avait été merveilleux. Je n’avais jamais connu cette douceur de vivre. Les femmes n’étaient donc pas toutes semblables ? Avais-je donc perdu tout ce temps ? Etait-il déjà trop tard pour vivre un nouveau bonheur ? Je remettais à plus tard la réponse à ces questions . Je profitais simplement de ces instants bénis, le temps d’un voyage.

Notre stand au salon de Nice


Voir photo en tête de cette note

28.06.2008

Ma vie 40

Malheureusement le budget publicité de la branche édition de ma jeune société ne me permettait pas d’engager une forte action télévisuelle. Je disposais d’une attachée de presse, chargée de faire le siège des media. Ce n’était déjà pas si mal. Et puis il y avait les manifestations littéraires.

La première à laquelle j'avais participé était organisée par H.E.C. au siège même de cette école.

Nous y avions présenté nos premières productions littéraires, les quatre premières BD, dont vous avez vu précédemment les photos, une anthologie poétique sur la mère et l'enfant.

Ci-après la photo de notre stand tenu par Marie et par votre serviteur, fournissant des explications à une jeune étudiante.

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Nous avions également présenté un très beau livre sur le peintre primitif Mady de la Giraudière, Un si long chemin en était le titre, outre la biographie du peintre, il comportait une vision poétique du chemin de croix que le peintre avait transposé dans son village natal des Pyrénées.

Ce livre numéroté en édition spéciale avait fait l'objet de plusieurs signatures dont la plus importante avait eu lieu au Drugstore des Champs Elysée.

A noter que ce livre édité en 1980 par nos soins sous la marque La Pibole est toujours en vente sur le site Mady de la giraudière.

Le livre,
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Mady à notre stand.
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27.06.2008

Ma vie 39

Mais l’’édition d’un ouvrage ou d’un support vocal constitue toujours une réelle aventure. Rien ne permet de dire à l’avance si la mise sur le marché sera couronnée de succès.

Une histoire vécue à titre d’exemple.

J'avais reçu, dans mon courrier, un cahier d'écolier décoré, par des motifs de couleurs vives, comme savent le faire les enfants. Il y avait un titre : Poèmes.

J'ouvrais ce cahier et je lisais les premières lignes
« Je m'appelle Marie,
Je suis fille du Nord
Si les marques du temps
Ont épargné mon corps
Mon coeur est je le sais au fond de ma poitrine
Noir comme la fumée qui s'échappe des mines.

Intrigué, je lisais la suite écrite d’une main malhabile et plus je lisais, plus je découvrais une forme de poésie populaire. C'était la vie d'une femme, d'une ouvrière du nord qui se déroulait sous mes yeux. Tout mais vraiment tout y était, la vie, le travail en usine, les transports, les grèves, la solidarité, la mort.

La lecture de ces poèmes m'avait profondément ému. Je décidai de rencontrer cette femme, je lui fixais un rendez-vous dans mes bureaux.

Je restais tout un après-midi à parler avec elle, c'était une jeune femme de trente-cinq ans environ, pas très grande, un peu enveloppée, un joli visage, des cheveux blonds coupés court, modestement vêtue, sans maquillage. Elle semblait bien dans sa peau et dans son siècle.

Elle avait six enfants, tous, me précisa-t-elle un peu provocante, de pères différents, elle travaillait comme emballeuse à La Redoute et passait ses loisirs à écrire des poèmes, elle avait obtenu des premiers prix dans des manifestations locales.

Son rêve était de se faire connaître davantage, et qui sait, peut-être, un jour, pouvoir vivre de ses publications.

Je lui précisai que j'allais réunir mon comité de direction afin d'étudier un projet d'édition.

Je réunissais quelques jours après ce comité composé du directeur commercial, de la directrice des éditions musicales, de la directrice des éditions générales, de l'attachée de presse, l'ensemble sous ma direction.

Nous avons longuement étudié tous les paramètres en sorte de mettre toutes les chances de notre côté, nous ne voulions rien négliger, nous avions décidé d'éditer une cassette comportant les poèmes enregistrés, par des voix connues, celles de Jean Valmont et de Françoise Dorner, sur un fonds musical composé par un artiste renommé. Par l'intermédiaire de notre attachée de presse, nous avions contacté les médias tels que le Pèlerin, Elle, les journaux locaux et Paris-Match, nous voulions que cette cassette sorte un peu avant les fêtes de Noël.

Nous avions eu un long entretien avec le directeur commercial de La Redoute qui avait accepté que le service d'expédition, dont cette jeune femme faisait partie, glisse dans tous les colis un document publicitaire annonçant la sortie de cette cassette.

Confiant dans le succès de ce lancement, La Redoute avait passé commande de 5000 cassettes.

Paris-Match était allé interviewer cette jeune femme, l’avait invitée au restaurant. Elle avait raconté sa vie, ses projets et son rêve : acheter une maison avec ses droits d’auteur.

Les articles dans les médias présentèrent à leurs lecteurs, cette histoire comme un véritable conte de Noël.

Nous estimions ne rien avoir négligé et à la date prévue cette cassette, très réussie, était mise en vente.

Quelques semaines après, le verdict tombait dans toute sa sécheresse, nous avions vendu en totalité trente cinq cassettes, c'était un fiasco total, il fallut reprendre les invendus, et si la situation pour nous, n'était pas tragique, il n'en fut pas de même pour l'auteur, cette jeune femme vit disparaître tous ses rêves, ne supporta pas cette situation, je l'apprenais plus tard, elle s'alitait pour de longues semaines, victime d’une grave dépression.

J’avais appris, malheureusement aux dépens de cette jeune femme, qu’il ne suffit pas d’avoir de bons produits mais qu’il est nécessaire de disposer d’un solide réseau de distribution appuyé par une forte campagne de publicité.

26.06.2008

Ma vie 38

J'avais régulièrement des nouvelles des patrons hollandais, ils se plaignaient du climat qui régnait dans les sociétés françaises, climat dû à l'antagonisme créé entre le directeur local et sa femme. Au sein du personnel des clans s'étaient formés empoisonnant gravement la situation et se traduisant par de mauvais résultats financiers.

J'avais reçu, quelque temps après le directeur général de la firme hollandaise, qui m'exposait la situation, et m'avait demandé si j'accepterais de revenir faire le ménage dans ses sociétés.

Le Président de la firme hollandaise me demanda de reprendre du service, vous seul, me dit-il, connaissez bien toutes les sociétés du groupe pour pouvoir les remettre en ordre de marche

Je lui précisais que dans l'état actuel de mes activités, il m'était impossible de lui donner satisfaction, je n'en avais pas le temps.

Il se fit alors plus persuasif. Nous disposons au siège d’un très vaste terrain, ajouta-t-il, vous pourriez vous y installer, pourriez regrouper vos bureaux, agrandir vos surfaces de stockage. Je lui fis remarquer que ceci entraînerait un financement complémentaire que dans l'état actuel je ne pouvais pas assurer.

Il me précisa que la holding était prête, en contrepartie de mon accord, à financer toutes les conséquences de cette décision.

Cela me parut bien surprenant, cette insistance flattait mon ego mais je demandai à réfléchir.

J'avais payé pour apprendre, la mainmise des groupes financiers sur ma première société ne m'incitait pas beaucoup à accepter. Je réfléchissais dans le silence de mon bureau, convoquais pour le lendemain le CA et les cadres de ma société.

J’exposais les raisons de mon hésitation. Mon exposé ne paru pas convaincre les participants. Je mis au vote la résolution, je fus battu et contraint d’accepter la prise de participation des hollandais dans le capital de la S.I.G.

J'attendais quelques jours, mais pressé par les événements, je finissais par donner mon accord.

Quelques semaines plus tard, le déménagement eu lieu. Dans le même temps j'avais conforté le bureau commercial de Paris et toute l'administration était regroupée dans les locaux de la société hollandaise.

Et notre développement est reparti de plus belle, avec en plus, la gestion des tentatives de redressement des sociétés du groupe.

Une fois de plus je me jetais à corps perdu dans le travail, fortement assisté par Marie qui menait de main de maître la branche édition.

Je me passionnais pour cette activité nouvelle, participais aux réunions éditoriales, lisais tous les manuscrits.

Marie avait lancé la production de nouvelles BD dans la collection la vie des hommes qui commençait à être connue et appréciée.

Suite des albums édités.

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25.06.2008

Compléments

Au fur et à mesure que se déroulent, dans mon esprit, les événements que je dicte à mon ordi, j’observe que ce n’est pas si facile d’écrire une vie entière.Le soir, étendu sur le lit, seul avec moi-même, je relève la quantité d’informations oubliées. Elles remontent à la surface, m’obsèdent et je repousse violemment les sentiments de tristesse et de découragement qui m’envahissent le cœur.

Aussi avant de poursuivre mon récit, je vais vous transmettre quelques photos oubliées pour illustrer le passé.


1 - Marie, avocate reçue au Barreau de Paris

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2 - La maison de Marie à Port-Mort
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24.06.2008

Ma vie 37

J'avais les instruments, on m'avait offert une opportunité dans l'édition, il me fallait simplement trouver les hommes.

Mais avant toute chose je devais restructurer financièrement la SIG et je ne voulais pas commettre les erreurs d'antan, faire appel aux groupes financiers. J'apportai à ma société, sous la forme d’une augmentation de capital, l'intégralité du montant de la vente de mon terrain. Ainsi, pensai-je, je serai le seul maître à bord.

J'avais réuni les personnes qui me semblaient intéressées par mon projet et qui étaient prêtes à collaborer à sa réussite.
Parmi celles-ci il y avait entre autres Marie. Elle m’apportait un projet d’édition sous forme de B D qui me sembla très intéressant. C'est au cours de cette réunion que j'apprenais la nouvelle suivante.

Concernant les deux jeunes femmes homosexuelles que j'avais connues au cours de mon séjour à Louviers, Tessa et Claude.

Appliquant les principes de vie qu'elle s'était imposée, elles eurent un seul et même amant en la personne d'un médecin très connu à Louviers.

L'une fut enceinte, Tessa, l'autre pas.
Mais Tessa était tombée follement amoureuse de son médecin qui ne voulut pas reconnaître son bébé, elle fit un véritable scandale, elle fut inquiétée par la police, et un jour, à bout de force, elle disparut de la ville.

Deux semaines plus tard, on retrouva son corps affreusement mutilé dans l'une des forêts alentour, elle était enveloppée de son sac de couchage et s'était laissée mourir de désespoir.

Presque toutes les personnes présentes les connaissaient, il y eut un grand moment de silence, comme pour laisser à chacun le temps de dire une prière.

Claude avait quitté la ville, elle avait pu adopter l'enfant.

Mais revenons à notre réunion.

Au cours de celle-ci, nous avions défini les orientations de la façon suivante :
- Installation d'un studio d'enregistrement dans le sous-sol de la maison du bord de la route dont Maryvonne assurerait la mise en place.
- La branche édition serait lancée et Marie en assurerait la direction.

Dans le même temps, j'avais embauché comme directeur commercial, l'ancien directeur des éditions Robert Laffont, il m'apportait sa connaissance du métier, ses relations et une partie de son équipe de représentants.

J'entretenais, toujours avec Marie, des relations amoureuses, passionnées mais secrètes.

Pendant les trois derniers mois elle avait compris que jamais la situation, avec son mari, ne se normaliserait, à la suite d'une dispute, qui s'était terminée par des voies de fait, elle avait décidé de quitter le domicile conjugal avec les enfants et demander le divorce.

Ne sachant où aller je lui avais proposé de venir habiter la maison du bord de la route, pendant qu'elle chercherait un appartement.

Elle le trouva trois mois plus tard à Paris.

Elle était libre, moi je ne l'étais pas, mais de toute façon nous n'avions pas envisagé de vivre ensemble, par contre mon amour exclusif m'avait conduit à envisager différemment ma vie sentimentale, j'avais interrompu toutes mes relations extraconjugales, les unes après les autres et si je n'étais pas libre physiquement, je l'étais dans mon coeur.

Le studio d'enregistrement débuta rapidement, nous avions des commandes directes à satisfaire. Dans ce domaine, notre premier client fut le groupe hollandais qui commanda, pour distribuer dans ses boutiques de vente, une cassette très astucieuse disant comment effectuer la découpe du mouton.

Une autre partie de la clientèle était représentée par des artistes, la plupart du temps inconnus qui désiraient réaliser une maquette de leurs compositions musicales pour la présenter aux seniors.

Enfin, nous avions pour notre compte une production d'éditeurs en matière d'enregistrement de romans, d'histoires pour les enfants.

Nous avions compris que l'avenir était dans toutes les formes de communication, la cassette en était à ses débuts mais en très forte expansion. Nous avions raison, l'avenir nous l'a rapidement démontré.

Nous recherchions, grâce à une publicité régionale, de nouveaux talents. Pour obtenir une production de qualité nous avions un ingénieur du son et nous avions traité les enregistrements des romans et des histoires avec des artistes connus notamment Jean Valmont, Françoise Dorner, etc.

Nous avions débuté notre production de livres par la mise en route d'une BD que nous avions intitulée Histoire de la vie des hommes. Marie en assumait l'entière direction, elle proposait des titres, les périodes couvertes, elle recrutait les auteurs, les dessinateurs, les imprimeurs.

Nous sortions les albums par deux titres à la fois, les premiers titres furent Le drakkar perdu et Le Moulin de Blandford. Ces BD visaient l’aménagement du tiers temps dans les écoles, astucieusement construites, elles comportaient trois parties, une histoire située à l’époque choisie, un dossier pour réfléchir, une série d’images en rapport avec l’époque qui pouvaient être découpées, sans la permission des parents, pour illustrer les exposés à l’école.

Ces productions ont été faites sous le sigles suivants, pour les cassettes : la Pie K7, et pour les albums et les livres : la Pibole.

Nous avions décidé, je dirai nous, chaque fois que la décision sera collective, nous avions décidé dis-je de distribuer nous-mêmes nos productions sur toute la France.

Cela nécessitait un très gros budget et il nous fallait entretenir une équipe de représentants. Pour en atténuer la charge, nous avons créé une activité complémentaire, nous sommes devenus distributeurs pour le compte des éditeurs, et ils étaient nombreux, qui n'avaient pas encore de contrat auprès des grandes maisons de distribution.

Bien vite nous eûmes à assurer la distribution de la production d'une vingtaine d'éditeurs, j'avais installé le stockage de leurs livres dans l'ancienne gare de chemins de fer du village, c'était un entrepôt construit sur un quai, dans lequel j'avais installé le système de contrôle informatique, quatre manutentionnaires réceptionnaient les livres, recevaient les bons de commande des libraires, préparaient les expéditions, et comptabilisaient les retours.

Il est intéressant de préciser, que dans cette profession, les invendus sont repris par les éditeurs et ceci se traduit par des opérations comptables nombreuses, qui ne pouvaient être menées à bien que grâce à leur informatisation.

Les équipes tournaient bien, nous couvrions toute la France ; nos clients, les éditeurs, étaient satisfaits et nous avions une excellente publicité, nous avions le vent en poupe, j'assurai, avec passion la direction, j'avais auprès de moi Marie qui, en plus de sa fonction de directrice de l'édition, assurait également la surveillance de mon secrétariat.

C'était un délice de travailler avec elle, nous partagions les joies que nous procurait cette profession, il y avait la joie de la création, de la lecture des manuscrits, la recherche des auteurs, mais aussi il y avait les déceptions et les soucis qu'elle engendrait.

Nous avions très souvent des réunions avec nos éditeurs, réunions qui se terminaient toujours par un repas, j'aurai beaucoup de choses, beaucoup d'incidents, beaucoup d'histoires, de faits divers à raconter, je n'en choisirai que quelques-unes au hasard de mon récit.

Nous étions devenus, en quelques mois seulement, une grande entreprise.

Ci-après 4 des albums publiés par nos soins

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23.06.2008

Ma vie 36

J'avais connu, dans cette même période, une recrudescence de mon activité, les hollandais avaient décidé de s'agrandir et d'acquérir deux nouvelles sociétés dont l'une se trouvait à Toulouse et cela confortait leur pôle d'attractivité avec Albi et Castres.

J'étais absorbé au maximum de mes disponibilités, cela me laissait peu de temps pour m'occuper de mes affaires personnelles et sentimentales, pourtant je pensais à Marie, à cette voix qui m'avait envoûté, à cette femme que j'avais rencontrée et à laquelle je m'efforçai de téléphoner dès que je le pouvais, c'était bien peu souvent.

Entre deux voyages, nous avions décidé de nous retrouver dans un hôtel de Paris le Suffren, il fallait que nous sachions si nos corps connaîtraient le même emballement que nos cœurs.

Je me demandais si c'était bien raisonnable de laisser grandir cet amour naissant. Elle avait 30 ans j'en avais 52. Mais le coeur a ses raisons que la raison ignore.

Et ce fut encore une révélation, plus forte encore que dans nos rêves les plus fous, nous nous sommes découverts, complètement, totalement, dans une douceur infinie, nous n'avions connu, ni l'un ni l'autre, une telle passion, une telle illumination, nous étions restés longtemps, très longtemps, l'un contre l'autre, éperdus de bonheur et nous aurions voulu que notre vie s'arrêta là et pourtant dès que nous nous étions quittés nous n'avions qu'un désir, que nous connaissions des lendemains aussi flamboyants.

Nous étions partis, chacun de nôtre côté, elle avait rejoint son foyer, j'étais retourné à ma vie professionnelle, nous nous aimions, cela ne faisait aucun doute et elle, comme moi, désirions malgré tout à conforter notre foyer, elle cherchait une maison, en dehors de Paris, j'en faisais de même.

Nous n'avions formé aucun projet de vie commune, elle avait, comme moi, deux enfants que nous voulions protéger, nous avions simplement formé le projet de nous retrouver, aussi souvent que nous le pourrions et de vivre cachés un amour merveilleux.

Les semaines qui suivirent ne nous permirent pas de nous retrouver et même les conversations téléphoniques furent peu nombreuses, elle avait trouvé la maison de ses rêves, en dehors de Paris dans un petit village, à Port -Mort, sur les bords de la Seine, j'avais trouvé la mienne en Seine-et-Marne, à Guérard, dans la vallée du grand Morin.

J'avais cinquante-trois ans, il me semblait que j'avais le droit de réduire mon activité professionnelle et de consacrer un peu plus de temps à ma vie personnelle et à mes enfants encore bien jeunes.

Les hollandais avaient accepté que je reporte toute mon activité sur ma société d'informatique à la condition que je reste leur contrôleur de gestion. J'avais accepté sachant que j'aurai beaucoup moins de déplacements à faire, je quittai mon bureau du siège et j'installais ma société d'informatique, la SIG, dans ma nouvelle propriété.

Ma propriété nouvelle comportait un terrain d'un hectare environ bordé au nord par la route de Crécy et au sud par la rivière le Morin, à l'ouest et à l'est, par des propriétés de grandes surfaces.

Deux bâtiments y étaient implantés le premier au centre du terrain était la maison principale aux toits pentus, recouverts de petites tuiles du pays, ouvert sur l'extérieur par de larges baies vitrées doté d'une tour abritant l'escalier qui desservait le premier étage, une maison secondaire qui avait du être, jadis, ne l'habitation du gardien de cette propriété, elle se trouvait en bordure de la route si l'on y ajoute le tennis, la source et les bois, c'était une très belle propriété.

La maison principale était mon habitation, le garage recevait l'informatique et le siège social de la SIG avait été installé dans la maison en bordure de route.
La maison principale avait une histoire. Construite il y avait quelques de dizaines d'années par son ancien propriétaire décorateur attitré de Sacha Guitry. Elle a servi de décor dans un film passant régulièrement à la télévision, dont le titre est : 1er avril, Bourvil ayant été l'acteur principal.

J’étais à nouveau fin prêt à lancer un nouveau développement de ma société.

Je ne voulais plus me disperser, j'avais ralenti mon activité auprès du groupe hollandais, je voulais reporter tous mes efforts sur ma société d'informatique.

J'avais perdu la clientèle du cabinet comptable et je savais que j'allais perdre, progressivement, les travaux du groupe. En effet, le développement de la micro informatique, allait apporter un changement radical dans les méthodes de travail.

D'après les études de marché que j'avais pu réaliser, je pensais que l'avenir de ma société était dans la diffusion et la distribution s'appuyant sur un service informatique performant

22.06.2008

Ma vie 35

Oui, un simple coup de fil bouleversa ma vie.

Je formais le numéro, presque aussitôt une voix de femme répondait, ce fut un véritable choc, mon coeur se mit à battre plus vite, je ne comprenais pas, dès les premiers mots j'étais tombé sous le charme; la douceur, la mélodie qui s'en dégageaient troublaient mon esprit, paralysaient mes lèvres, je restais interdit, ne sachant que répondre, c'était trop fort, la première fois qu'une telle émotion me submergeait. Néanmoins j'arrivais à me dominer et la conversation s'engageait le ton était calme, posé, le verbe châtié, sans prétention manifestement une femme intelligente et cultivée, cette conversation qui se voulait quasi professionnelle, pris vite un tour agréable et charmant et, je n'avais de cesse que de trouver un prétexte pour la faire se prolonger.

Je le trouvais ce prétexte, j'avais fait une contre-proposition et je lui donnais un mois de réflexion, je pourrai pendant ce mois, pensais je lui téléphoner tout à loisir.

Nous avions raccroché, je restais songeur, interdit, étonné, je me demandais pourquoi ce trouble, pourquoi cet émoi, je ne comprenais pas, j'avais pourtant l'habitude de parler aux femmes, je savais les intéresser, les amuser, les faire rire, je ne comprenais pas, tout ce que je savais c'était que, dès que j'avais raccroché, j'avais encore envie de l'avoir, à nouveau, au téléphone, d'entendre sa voix et de lui parler, tout connaître d'elle, prolonger ces moments de bonheur.

Mais que m'arrivait-il, comment une voix de femme pouvait-elle me troubler à ce point ? il me fallait vite réagir, avais-je besoin de conquérir une autre femme, il y en avait bien assez autour de moi, des femmes disponibles, toujours prêtes à calmer mes ardeurs physiques.

Je pensais à Michèle, à Isabelle, à Brigitte, à Béatrice, à Claudine, à bien d'autres encore dont je ne connaissais même pas le prénom ou dont je ne m'en souvenais déjà plus.

Et ces pensées hantaient mes jours et mes nuits, quel était ce besoin qui me conduisait toujours à rechercher des émotions nouvelles et sur le moment je sentais que je ne pouvais y répondre.

Pendant un mois, plusieurs fois par jour, de longues heures durant, nous nous étions téléphoné, avions appris à nous connaître, nous avions parlé de notre vie, de nos espoirs déçus, avions parlé de nos enfants, de nos compagnon et compagne, je sentais monter en moi un désir profond de la connaître mais j'avais peur, elle aussi je crois, des conséquences d'une rencontre.

Le mois écoulé, je n'eus même pas la force d'aller chez elle chercher ce matériel, j'avais envoyé un employé de la société, j'avais peur de la voir, peur que cette rencontre anéantisse tous les rêves qui m'avaient habité.

Des que je fus en possession de sa machine à écrire, je lui donnai régulièrement des nouvelles de celle-ci c'était un prétexte pour lui parler et garder le contact, je n'étais pas dupe, elle non plus, nous éprouvions un réel plaisir à nous confier l'un à l'autre. Elle avait de sérieux problèmes avec son mari et j'avais moi-même de grandes difficultés dans mon ménage. Nous avions chacun deux enfants du même âge, elle s'appelait Marie-Chantal, Mari Chan pour la famille et les amis de coeur, mais, m'avait-elle dit, j'aimerais tellement qu'on m'appelle simplement Marie. Je lui jurai qu'entre nous il en serait toujours ainsi. Et si parfois j'ai été parjure, ce fut bien involontaire et je la prie de me pardonner.

Ce n'est qu'après plusieurs semaines que nous avions décidé de nous rencontrer, on s'était donné rendez-vous sur une place de Courbevoie au pied de l'immeuble qu'elle habitait.

C'était un instant nous le savions qui serait inoubliable. Nous sommes allés l'un vers l'autre. Elle était souriante, j'étais très ému. Et sans nous connaître nous nous sommes reconnus.

Elle était et simplement habillée, ses cheveux d'or flamboyaient au soleil. Je n'ai pas eu la curiosité de détailler son physique, je connaissais tous les secrets de son âme et cela suffisait à nourrir mon amour.

Je l'ai prise par la main, l'ai conduite à ma voiture, elle est montée et nous sommes partis comme ça devant à l'aventure, nous avons parlé, nous nous sommes enlacés, nous nous sommes embrassés, c'était un moment merveilleux, avec un peu de soleil dans le ciel et beaucoup de bonheur dans le coeur.

Je l'ai reconduite près de chez elle, désespérés de devoir se séparer, nous nous sommes longuement enlacés. C'était si bon de la sentir près de moi, d'entendre battre son coeur à l'unisson du mien. Je le savais c'était bien les prémisses de l'amour.

Je ne le savais pas encore, mais ce fut le début de ma plus belle et plus longue histoire d'amour.

21.06.2008

Ma vie 34

Au demeurant ma présence à Albert n'était pas indispensable, j'avais un directeur qui était à la tête du cabinet comptable. Épaulé par 10 spécialistes, il connaissait bien la clientèle et celle-ci avait totalement confiance en lui, il était natif d'Albert.

A l'informatique, qui traitait, non seulement les dossiers des clients du cabinet, mais aussi toute les activités du groupe hollandais il y avait deux programmeurs, Maryvonne et Chris.

Ces deux dernières exerçaient leur talent sur les perforatrices, les trieuses, et les calculatrices. L'informatique en était à ses débuts. Elles travaillaient sur les cartes perforées qui servaient de support. Elles introduisaient sur les cartes au moyen de perforations les informations qu'on voulait exploiter, elles triaient ensuite ces cartes perforées et enfin les passaient dans une tabulatrice couplée à une imprimante qui sortait les documents désirés.

Une certaine compétition s'était établie entre les deux femmes, qui se transforma à l'issue de quelques semaines en une véritable amitié passionnelle.

J’étais un peu surpris de l'équipe qu'elles formaient toutes les deux. J'étais souvent absent mais lorsque je venais passer quelques jours dans mon foyer, Chris, à plusieurs reprises, m'avait fait entendre, sans équivoque, que je les dérangeais dans l'expression de leur amitié.

De plus Chris vivait à la maison.

Je ne connaissais rien de Chris, sinon qu'elle rentrait d'Israël ou elle avait passé quelques années dans un kibboutz.

Et je me demandais si Maryvonne n'était pas en train de virer sa cuti. Ce la auraient pu expliquer les refus souvent réitérés que je rencontrais depuis longtemps chez Maryvonne.

Ma fille Geneviève avait obtenu sa licence d'allemand et cherchait une entreprise qui pourrait lui procurer une activité, j'en parlais à la direction hollandaise qui lui offrit un poste à Couilly, ainsi, nous pourrions travailler dans la même entreprise. Tout naturellement, elle vint s’installer avec moi, j’étais heureux, j’allais pouvoir, pour une fois, m’occuper d’elle.

Elle était arrivée un soir dans sa 2 CV, cette voiture de couleur pastel, dont elle était si fière, et je songeais en la voyant sourire, que j’allais peut-être apprendre à jouer mon rôle de père.

Mais, n’était-ce pas trop tard ?

Cette année-là fut fertile en incidents de toute sorte, incidents qui pesèrent lourdement sur l'orientation de mon existence, je ne pourrais pas les décrire dans l'ordre de leur manifestation tant ils étaient imbriqués les uns dans les autres.

Les hollandais avaient mis à la tête de leur groupe en France, un jeune fils d'agriculteurs de la Creuse, celui-ci avait effectué un stage de formation en Hollande, parlait couramment le hollandais, et s'était marié à une hollandaise.

Celle-ci était devenue, sur le plan professionnel, sa collaboratrice privilégiée.
Je savais, que depuis quelque temps le ménage connaissait des difficultés, le mari avait eu des relations intimes avec sa secrétaire et sa femme l'avait appris et s'était montrée publiquement agressive à l'égard de son mari et de sa maîtresse. Il s'ensuivit des dysfonctionnements sérieux dans la direction du groupe.

Nous étions à la veille de la fête de Pâques en 1975, le temps était superbe et le soleil commençait à réchauffer la terre. J'avais quatre jours de liberté, Geneviève était partie retrouver son copain, j'étais seul et j'avais demandé à Maryvonne de venir me retrouver sur le terrain avec les enfants.

Elle arriva le samedi matin en compagnie de l'irremplaçable indispensable Chris et de la jeune fille, Manon, baby-sitter officielle d'Emmanuel et de Laurent.

La caravane était spacieuse et pouvait recevoir tout ce petit monde sans difficultés.

J'avais projeté d'acheter deux vélos, je voulais faire quelques ballades, peut-être aussi, retrouver mes souvenirs de jeunesse.
Et les vélos furent livrés sur le terrain.

Le lendemain, dans l'après-midi, j'étais parti insouciant avec Maryvonne pour essayer ces machines, il faisait très chaud et après avoir parcouru quelques kilomètres, nous décidions de rentrer. La route qui aboutissait à notre terrain était longue, en pente douce, bordée par deux larges bandes de terre herbeuse. Je roulais devant, Maryvonne suivait, j'arrivai le premier au niveau du terrain, j'apercevais les enfants qui jouaient avec les filles, je me retournais et ne vis personne sur la route.

Incrédule, tout en scrutant l'horizon, lentement je déposais mon vélo sur le sol, il me semblait apercevoir, au loin, sur le bas-côté, une forme sombre, je me dis, tout en souriant, elle a dû prendre une bonne bûche, mais la forme au loin ne bougeait toujours pas.

Le sourire qui s'était formé sur mes lèvres disparut rapidement, je sentais l'angoisse monter en moi, je me mis à avancer, puis à courir en direction de cette forme qui ne remuait toujours pas.

J'arrivais près d'elle, de loin je l'avais reconnue, c'était bien elle qui gisait sur le bas côté, inconsciente. J'étais paralysé, ne sachant que faire, la route était déserte, je réussissais cependant à arrêter une voiture, Maryvonne fut hospitalisée à Coulommiers. Quelques minutes plus tard je savais que c'était un traumatisme crânien.

Tard je quittais l'hôpital pour rejoindre les enfants, Maryvonne était dans le coma, je ne pouvais rien faire. Dans la nuit, son état s'étant aggravé elle fut évacuée sur Paris à l'hôpital de Lariboisière.

Les enfants étaient rentrés à Albert, Annick les avait pris en charge.

J'arrivais très difficilement à assumer toutes mes obligations professionnelles et notamment les déplacements entre Couilly, Paris et Albert.

Maryvonne avait repris conscience et elle avait été transférée à Senlis, en observation, pour une convalescence de longue durée, avaient précisé les médecins.

Je visitais Maryvonne tous les jours, souvent elle tenait des propos incohérents, me demandais qui j'étais, je pensai que son état était grave, mais en discutant avec le personnel médical j'eus bien vite la conviction qu'elle se créait un nouveau personnage, qu'elle rejetait son passé, tout en s'appuyant sur son état présent qui lui servait de prétexte.

Senlis était situé sur la route d'Albert, cela me facilitait un peu mes déplacements, mais l'avenir devenait incertain et il me fallait repenser toute mon organisation.

Je ne savais pas si à la suite de sa convalescence, ma femme pourrait reprendre une vie normale et surtout professionnelle, il fallait que je regroupe ma famille et que je me rapproche du lieu de travail qui me prenait le plus de temps.

Je décidais de louer un plus grand appartement à Couilly et d'y installer toute ma famille, je mis en vente mon cabinet et ma maison d'Albert et transférai l'informatique dans les bureaux que j'occupais au sein du groupe à Couilly.

Je n'avais plus le temps, ni l'envie de faire construire, je mis mon terrain en vente et je contactai les agences pour trouver une maison à acheter.

J'avais rapidement trouvé un acquéreur pour mon cabinet de comptabilité et il en avait été de même pour ma maison d'Albert.

L'informatique était confortablement installée dans les locaux du groupe et dans l'attente du retour éventuel de Maryvonne, j'en avais confié le fonctionnement à Chris.

Enfin, Maryvonne physiquement rétablie se trouvait moralement déprimée, en voulait à la terre entière de ce qui lui était arrivé.
Elle avait repris son activité, après que le chef de service de Lariboisière, au cours d'une séance mémorable, lui ait fait admettre qu'il y avait une forte dose de comédie dans son refus à accepter la réalité.

Elle s'était remise au travail, de mauvaise grâce, son caractère s'était altéré, elle ne voulait voir personne, elle devenait impossible à vivre, à un tel point qu'il y eût une dispute violente avec son amie très chère, Chris qui, sur le champ, demanda son compte et disparut à jamais.

On dit souvent que la vie ne tient qu'à un fil, je ne savais pas que la mienne tiendrait autant à un coup de fil.

Ce matin-là j'étais à mon bureau, je recherchais, dans les annonces de la Centrale des particuliers une machine à écrire d'occasion pour l'une des sociétés du groupe.

Mon regard s'était arrêté sur une petite annonce proposant une machine Olivetti dont le prix et les caractéristiques semblaient correspondre à ma recherche.

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