13.07.2008

Ma vie 54

La torpeur de la fin de nuit faisait place au remue-ménage de la prison, un nouveau jour s'annonçait, une nouvelle semaine aussi, la première de mon enfermement. J'avais le coeur plus léger, convaincu, que j'étais que ce serait au cours de celle-ci que je verrai ma libération.

La nuit avait été particulièrement pénible, j'avais été réveillé en sursaut par des cris horribles, je devrais dire par des hurlements inhumains, à vous glacer le sang, des appels au secours, des coups, frappés en cadence, sur les portes des cellules, tous ces bruits, devenus insoutenables, se mélangeaient, s'amplifiaient, prenaient, dans l'ignorance de leurs origines, une ampleur considérable, démesurée, dans l'obscurité totale de la cellule, mon coeur battait la chamade, je me demandais ce qui se passait, mes deux compagnons d'infortune tentèrent de me rassurer, c'est vraisemblablement une tentative de suicide, me dirent-ils d'une seule voix.

Enfin, après de longues minutes qui me semblèrent une éternité, j'entendis le bruit caractéristique des clefs dans les serrures, qui pour la première fois prenait l'image d'une délivrance tant ce bruie avait semblé donner le signal du calme revenant dans la prison.

J'appris dans la matinée qu'il y avait bien eu tentative de suicide et que le blessé avait été transporté à l'hôpital. Nous n’apprîmes rien de plus. Il ne fallait pas faire de vagues à partir de ces sortes d’événements.

Dans la matinée, pour faire passer le temps, j'avais accepté d'accompagner mes compagnons à la promenade, celle-ci durait une heure, sous la surveillance d'un maton, nous étions parqués, par groupe de 15, dans des cours triangulaires de faible superficie.

Nous étions isolés par des murs de 4 m de hauteur, recouverts par un filet anti hélicoptères.

Marchant et tournant en rond dans ces trous à rats, c'était là dans ce lieu de désolation que se nouaient les relations, que s'échangeaient les idées, que se propageaient les ragots de la prison.

Il ne m'avait pas échappé que je faisais l'objet d'une grande curiosité auprès des détenus que je ne connaissais pas, à tour de rôle ils venaient marcher quelques instants à côté de moi, me racontaient leurs exploits, m'indiquaient les raisons de leur incarcération, je les sentais respectueux, attitude sans doute due à mon âge qui les impressionnait, ils étaient jeunes, pour la plupart et auraient pu être mes enfants.

En fait, on avait parlé de moi dans cette prison, je passais pour un escroc, on parlait de 40 millions de francs détournés à mon profit et, chapeau bas, je forçais l'admiration et le respect.

J'étais rentré de la promenade, le courrier avait été distribuait, je n'avais aucune lettre, du reste je n'en attendais pas, peut-être même que Marie n'avait toujours pas été prévenue.

Le repas terminé, je m'étendais sur mon lit, François devait passer le lendemain devant le tribunal et je savais qu'il se préparait mentalement et qu'il ne fallait pas le distraire, Pierre attendait la visite de sa femme, il était anxieux, déjà elle n'était pas venu lors de la précédente visite, il était jaloux et cette jalousie occupait toutes ses pensées.

Soudain, lorsque la clé tourna dans la serrure, d'un bond Pierre avait sauté au bas de son lit, prêt à se rendre au parloir mais bien vite il changea de mine, c'était mon nom qui venait d'être appelé.
Je respirais profondément, je n'étais plus seul, mes avocats avaient dû être prévenus et, j'allais obtenir un changement de situation, c'est dans cet esprit que je suivais le maton venu me chercher.

Commentaires

J'ai découvert votre récit hier soir, il me bouleverse. Continuez à écrire , vous le faites si bien.

Ecrit par : Mutine | 13.07.2008

Bonjour mutine
merci pour ces quelques mots qui me vont droit au coeur.
Si vous m'indiquiez votre adresse e-mail je vous propose de vous adresser mes romans chapitres après chapitre.
Amicalement.
Edmond

Ecrit par : Edmond | 13.07.2008

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