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16.07.2008
Ma vie 57
Le bruit fait par la vérification de l'état des barreaux de la cellule me sorti de ma rêverie et me ramena à la dure réalité du moment, il était dix-huit heure, j'étais certain qu'elle était arrivée et se trouvait maintenant bien au chaud à la maison. Je pouvais donc m'arrêté décrire.
La soirée toujours aussi terne, et la nuit toujours aussi angoissante, s'écoulèrent malgré tout. Je passai toute la journée du mardi assis devant la table de la cellule à rédiger une longue très longue lettre à Marie. L'attitude de mes compagnons était à mon égard exemplaire.
Installés confortablement sur le lit du troisième étage ils poursuivaient des parties de cartes endiablées mais les exclamations et les jurons n’arrivaient pas à me sortir de la concentration qui m'habitait.
Le lendemain au réveil, mes compagnons me rappelèrent que nous avions douche. A l'heure dite, la porte de notre cellule fut ouverte, par un gardien, et nous nous retrouvâmes en pyjama, Marie ayant eu l’'heureuse initiative de me faire passer, du moins ceux qui était autorisé, mes vêtements de nuit ainsi que mes objet de toilette.
Serviette et savon dans la main, dans le couloir, nous attendions que les autres cellules soient ouvertes et vidées de leurs occupants, pour être conduits, en groupe, à cette séance de douches, la première pour moi.
Difficile, incroyablement difficile, d'oublier cette séance, la réunion, dans ce local exigu, rempli de vapeur d'eau produite par les usagers précédents, difficile d'oublier cette vingtaine de bonhommes, entièrement nus, se disputant les cabines ouvertes à tout vent, les invectives, les bousculades, les quolibets, les tentatives d'attouchements, de viol même, des masturbations devant les autres détenus, sous l'oeil goguenard des surveillants qui faisaient mine de ne rien voire.
Ceci dit, je goûtai malgré tout, cette eau chaude qui coulait sur mon corps, ce frisson de bien être qui m'envahissait tout entier, cette douce caresse, c'était un bien fait extrême, une purification, une véritable renaissance, j'aurais tellement aimé que ces sensations puissent se prolonger mais, un rappel à l'ordre des gardiens, nous fit rapidement quitter les lieux, pour regagner notre cellule.
A la suite de la douche, bienfaisante, malgré le climat dans lequel elles s'étaient déroulée, j'eus la joie de recevoir la première lettre de Marie, c'est avec émotion que je pris possession de cette précieuse missive, et avec ferveur que j'ai pris connaissance de son contenu.
J'ai lu cette lettre, je l'ai relue encore et encore, avec mes yeux, mes fantasmes, mon imagination délirante, avec toute ma tendresse je l'ai pressée sur mon coeur, comme si c'était mon amour que je tenais dans mes bras.
Cette lettre me parlait de liberté, de tendresse, de courage, de l'organisation qu'elle s mettait en place pour pouvoir être présente tous les jours de visite.
Elle était folle, Marie, totalement inconsciente, elle ne se rendait pas compte qu'elle aurait à parcourir, 300 km tous les deux jours pour me voir, sans pouvoir me parler, au travers d'une vitre, une malheureuse petite demi-heure seulement, les risques d'accidents, le temps passé sur la route, ce temps pendant lequel elle ne pourrait pas s'occuper activement de sa fille Judith, qui vivait avec elle, à la maison.
Non, décidément, elle ne se rendait pas compte ou, alors, elle était certaine que ma libération était prochaine, c'était un beau message d'amour et de courage qui me donnait la force de supporter, d'être patient, de plus mes avocats, disait encore cette lettre, ont déposé une demande de libération provisoire, qui ne pouvait être refusée, mon dossier étant toujours vide de charges.
Et je songeais, étendu sur mon lit, sa lettre entre mes mains, des images plein les yeux, que, dans quelques heures seulement j'allai revoir Marie, et le coeur rempli de joie, je me relevai, m'installai devant la petite table et, je me remis à écrire. Une fois encore, je m'évadais, par la pensée, de cette prison que je n'aurais jamais du connaître.
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