30.07.2008
Ma vie 70
Nous avons longuement évalué les aspects positifs et négatifs de chacune des régions choisies.
Rester en Normandie, cela ne nous emballait pas, trop de dépenses de chauffage. Notre budget étant limité il nous fallait faire très attention aux dépenses futures.
Devait on se rapprochait des enfants ? Ils se trouvaient tous dans la région parisienne or, Paris et sa banlieue, nous y avions exercé une activité professionnelle et lorsque nous en étions partis nous nous étions jurés que nous n'y retournerions jamais.
Limoges, Aix-en-Provence, nos régions d'origine ? Pas très enthousiasmant, nous les avions quittés depuis bien trop longtemps pour renouer facilement des relations avec les quelques très rares amis qui s'y trouvaient encore.
Le temps passait. J'avais très mal dormi cette nuit-là imaginant sans cesse notre installation dans les régions les plus inimaginables. Cependant une évidence s'était imposée à mon esprit. Près de moi Marie s'éveillait. Je me tournai vers elle. J'ai beaucoup réfléchi cette nuit lui disais-je, j'ai une proposition à te faire. Toi aussi me dit-elle en souriant il semblerait que la nuit t’ait porté conseil.
Elle poursuivit : pourquoi ne nous installerions- nous pas en Corse ? J'éclatais de rire : elle venait de me voler mon idée.
Rassuré sur notre parfaite identité de vues je téléphonais immédiatement à Geneviève pour lui annoncer notre décision et lui préciser notre arrivée dans les prochains jours.
Le temps de mettre au point notre voyage, de régler quelques petits problèmes domestiques, nous débarquions à Ajaccio. Le soleil était radieux, sans doute un bon présage et sans attendre on se mit à la recherche d'une maison libre et dans la limite de nos possibilités financières.
La recherche fut laborieuse. Nous nous étions fixés un périmètre de 20 km autour d'Ajaccio. Sans succès. Dépité, nous devions quitter la Corse le lendemain lorsqu’une amie de ma fille nous indiqua une maison inoccupée depuis plusieurs mois. À nouveau un fol espoir nous habita.
Niché au centre d'un petit village typiquement Corse, à 19 km d'Ajaccio sur la route de Bonifacio, cette maison visitée le soir même répondait parfaitement à tous nos désirs. Ni trop grande, ni trop petite, elle était construite sur un grand jardin de près de 2000 m² plantés d'arbres fruitiers les plus divers: noisetiers, figuier, cerisiers, avocatiers, prunier, abricotier, kiwis, kakis, poiriers, sans oublier cinq orangers magnifiques aux rangées couverts de fruits astucieusement répartis autour de la maison.
Ce fut pour Marie et pour moi le véritable coup de foudre. Nous n'eûmes pas le temps de signer le moindre papier, le moindre engagement. À la Corse le propriétaire et moi nous nous sommes tapés dans la main et nous sommes repartis le coeur plus léger.
Le temps passait. Il fallait faire vite maintenant. On était au mois de juin, l'année scolaire s'achevait déjà.
Annonce dans la presse immobilière, interventions auprès des agences spécialisées. Rendez-vous avec un établissement financier pour obtenir un crédit relais dans l'hypothèse où notre maison normande serait vendue avec retard. Préparer le déménagement et faire le tri des meubles et objets que nous désirions mettre en vente avant notre départ. Toutes ces démarches se télescopaient et ne nous laissaient aucun repos. Il fallait faire vite.
Nous voulions remercier les instituteurs qui avaient eu Marjolaine dans leur classe, l’avaient suivie et lui avaient prodigué leur savoir. Nous les avons invités, eux et leurs familles, à un pique-nique organisé dans notre jardin.
Ce pique-nique fut vraiment le repas de l'amitié mais aussi celui de l'au revoir.
quelques photos de la maison et du jardin en Corse.



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