<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?> <rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"> <channel> <title>Ma vie</title> <description>Les romans de ma vie</description> <link>http://edmond.blogspirit.com/</link> <lastBuildDate>Wed, 27 Aug 2008 08:31:32 +0200</lastBuildDate> <generator>blogSpirit.com</generator> <copyright>All Rights Reserved</copyright>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/27/et-si-le-bonheur-18.html</guid> <title>Et si le bonheur....18</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/27/et-si-le-bonheur-18.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Wed, 27 Aug 2008 08:15:17 +0200</pubDate> <description> C'est avec une grande joie teintée de nostalgie que Julien retrouva la maison de ses vacances. Ses parents l'avaient achetée à sa naissance, il y avait passé tous ses moments de longue liberté, la plupart de ses week-ends, Royan ayant été de tous les temps la plage des gens de la région de Limoges. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La maison, située près de la mer à proximité du chemin des douaniers, chemin de randonnée qui, surplombant la mer, épousait la découpe de la côte de Royan à la plage de Pontaillac.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était une petite maison basse, une maison de pays, toute blanche aux volets bleu pâle, nichée entre les autres demeures de même type, sur les hauteurs dominant la mer.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il était tard, le jour avait cédé sa place à la nuit, il ferma les volets, jeta un regard curieux sur les jardins voisins, tout était calme, un léger vent frais apportait du large des senteurs iodées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est vrai constata-t-il tout haut, nous sommes hors saison, il sourit, la chanson du même nom de Francis Cabrel lui vint aux lèvres, un chien hurla dans le lointain, il frissonna, une lumière cependant brillait dans l'une des maisons voisines. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tient se dit-il les Berthier sont là, il faudra que je leur rende visite, il sourit se souvenant de leur fille qui jouait avec lui sur la plage. Ils avaient dix ans, la reconnaîtrait-il seulement ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se déshabilla, sortit son pyjama de son sac de voyage, l'enfila maladroitement, alluma sa lampe de chevet, choisit un livre parmi ceux posés sans doute depuis longtemps sur la commode, se glissa sous la couette et commença sa lecture. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien vite il reposa son livre, il ne pouvait pas entrer dans l'histoire, il avait d'autres idées en tête. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout d'abord il était là pour retrouver Linda, il ne la connaissait pas, n'avait qu'une vague indication de l'endroit où elle avait pu descendre, c'était vague, une couleur, bleu, et le nom de la ville, Royan.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais pourquoi, se demanda-t-il, je cours après ce fantôme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis que sa grand-mère lui avait raconté sa rencontre avec cette jeune femme il était obsédé, à force d'y penser il l'avait idéalisée, s'en était fait un portrait qui cheminait sans cesse dans sa tête, elle était grande, brune, les yeux noirs, la peau douce, satinée, la taille fine, très élégante. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Peut-être était-il déjà à la recherche de la femme, idéale bien sûr, qui pourrait partager sa vie. Sa situation ?Il n'avait plus de crainte, le matin, reçu par Serge July de Libération, il avait été engagé comme journaliste, il devait entrer en fonction le deux janvier, il disposait  de cinq semaines de vacances payées par son ancien patron le journal Le Populaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il passa sa première nuit hantée par les souvenirs, huit ans qu'il n'avait pas dormi dans cette chambre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il fit un rêve étrange habité par Linda ou tout au moins l'image qu'il s'en faisait, elle était enfermée dans une maison perdue dans la campagne, elle était nue, ligotée, il passait  par hasard, avait entendu des gémissements, il s'était porté à son secours, elle lui tendait les bras mais ne pouvait l'atteindre et soudain le feu détruisait tout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se réveilla trempé de sueur, alluma sa lampe, se leva, se dirigea vers la cuisine, remplit une bouteille d'eau fraîche, n'eut pas le courage de sortir un verre, but au goulot, le liquide lui fit un bien fou, il retourna dans sa chambre, il s'arrêta, tendit l'oreille, il crut percevoir un bruit, comme des gémissements, un râle qui lui rappelait étrangement le rêve de la première partie de cette nuit. Brusquement il eut peur, sans faire de bruit il ouvrit le volet de sa chambre, jeta un regard sur la campagne. Tout était calme, la lumière qu'il avait vue la veille était éteinte. Il souleva les épaules, referma la fenêtre, se glissa à nouveau sous la couette et s'endormit pour le reste de la nuit </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/26/avis.html</guid> <title>AVIS</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/26/avis.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Tue, 26 Aug 2008 16:10:00 +0200</pubDate> <description> &lt;strong&gt;Avis à mes fidèles lecteurs&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Il me serait agréable de savoir, si à la suite de la parution du roman en cours, vous désirez connaître mes autres romans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici les titres que je vous propose &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Ma nuit&lt;/em&gt;Histoire d'un couple qui se déchire après un accident survenu à la femme et où chacun retrouve sa véritable identité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;La maison d'en haut&lt;/em&gt;Une jeune femme malheureuse dans sa vie découvre un univers qu'elle ne connaissait pas. Serait-ce un rêve où la réalité ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Les obsédés&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
La sexualité nourrit l'obsession de cet homme au parcours chaotique rencontrant au cours de son existence, nombreux de ses semblables mais finira-t-il par trouver l'amour ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;La porte de Westphali&lt;/em&gt;e&lt;br /&gt;
L’histoire d'une jeune fille et d'un homme d'âge mûr qui au cours d'un voyage en Allemagne découvrent l'amour dans des racines d'un amour ancien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faites-moi connaître votre choix en me précisant celui-ci au moyen d'un message a l'adresse suivante :&lt;br /&gt;
suarella1@wanadoo.fr&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et si vous ne désirez pas que je poursuive mes publications alors dites-le moi simplement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un grand merci </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/26/et-si-le-bonheur-17.html</guid> <title>Et si le bonheur....17</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/26/et-si-le-bonheur-17.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Tue, 26 Aug 2008 16:03:41 +0200</pubDate> <description> Cet après-midi-là, Marco arriva à la discothèque beaucoup plus tôt que d'habitude, il avait convoqué ses sbires et ses gardes du corps à une importante réunion. Alors qu'il franchissait la porte dérobée, issue  de secours, seule connue de lui-même, il regarda sa montre, il était quinze heures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par prudence, avant de refermer, il osa jeter un regard rapide derrière lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'impasse dans laquelle s'ouvrait cette  porte était une ancienne ruelle totalement abandonnée, ouverte jadis entre deux groupes d'immeubles, débouchant à une extrémité dans une petite artère peu passante et obstruée à l'autre par un vieux grillage rouillé et percé par endroit, encombrés de détritus, de vieux bidons défoncés, de cartons débordant d'ordures ménagères de toutes sortes déposés là sans doute par des riverains en mal de décharge et peu soucieux de l'environnement. L'ensemble exhalait des odeurs nauséabondes de pourriture, d'urine et de déjections humaines et animales. C'était le royaume des rats et des chats du voisinage qui, curieusement semblaient faire bon ménage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marco frissonna, plus de froid que de peur, un souffle d'air fraîchissant lui rappela que l'hiver serait bientôt là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se reprit, ferma la porte, plongé dans l'obscurité la plus totale, sortit de sa poche une minuscule commande à infrarouge, dirigea le faisceau lumineux sur un point bien précis du mur à droite de la porte, appuya légèrement sur la commande, un glissement se fit entendre, le panneau du fond de la pièce pivota sur lui-même découvrant un passage secret donnant directement accès à son bureau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il entra, se dirigea vers un interrupteur, la lumière se fit, Marco poussa un soupir de soulagement, une fois de plus le mécanisme avait bien fonctionné, il était dans son bureau, il ne lui restait plus qu’à remettre en place le panneau de la bibliothèque qu'il avait déplacé, à nouveau il se servit de sa commande à  infrarouge et la cloison pivotante qui n'était qu'une partie de sa bibliothèque pivota dans l'autre sens, le bureau repris son apparence habituelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pièce dans laquelle Marco venait de pénétrer n'avait rien d'un bureau traditionnel, on l'appelait le bureau par commodité, c'était plutôt un clandé, salle de jeux clandestins, sans roulette ni installation spécifique, seulement plusieurs tables faciles à réunir en fonction du nombre des joueurs présents, dont une immense, au centre, et beaucoup de sièges, disséminés dans cette vaste pièce. Pour décor, une bibliothèque couvrait entièrement deux des quatre murs, sans ouvrage ni dossier, tout dans la tête disait Marco, les étagères garnies de trophées divers et de bibelots de toutes nationalités et puis une très belle collection de trente-trois tours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des posters d'artistes récents, offerts par de nombreuses maisons de disques, couvraient la totalité des surfaces disponibles, une épaisse moquette rouge sombre habillait le sol, pas de rideau, parce que pas de fenêtre, un ventilateur aspirateur encastré près d'une petite cheminée, assurait le renouvellement de l'air.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se sentait chez lui Marco, à l'aise dans ses baskets, il était confiant, se sentait en sécurité, ici ce n'était pas comme dans la rue où le danger pouvait prendre toutes les formes possibles et venir de n'importe où. Ici il n'avait que la porte d'accès à la discothèque à surveiller et en cas de danger, avait la possibilité de s'éclipser par le passage  secret. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'installa à l'extrémité de la grande table, dans l'axe de la porte d'entrée, ouvrit les tiroirs au-dessus de ses genoux, constata que les armes qu'il y avait déposées s'y trouvaient encore, une mitraillette Stern et un superbe Luger, armes de prestige des officiers de l'armée allemande. Il vérifia le mécanisme et referma le tiroir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se sentait fort, invulnérable, il avait été placé à la tête de l'organisation sud de la France, il maîtrisait parfaitement les activités du groupe qui n'avaient fait que prendre de l'ampleur depuis sa désignation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il allait revoir José, de retour dans la nuit il l'avait attendu pour prendre les décisions nécessaires au retour de Linda au bercail. Une bouffée de chaleur empourpra son visage, la garce, dit-il tout haut, il faut en finir, elle me bouffe cette nana.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses hommes arrivèrent comme il l'avait demandé, par petits groupes pour ne pas se faire remarquer, quatre gardes du corps se placèrent aux deux portes d'entrée puis à la suite les trois responsables logistiques puis enfin deux autres gardes du corps prirent leurs quartiers à la porte du bureau. José arriva le dernier. La réunion pouvait commencer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marco n'était pas un orateur, il n'y avait pas de préambule dans ces réunions, il était direct, allait droit au but, à l'essentiel, comme il disait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- La Taule, dit-il en s'adressant à Bobby, ça boum ? la Taule, c'était la discothèque qu'il avait toujours appelée comme ça, peut-être parce qu'il y passait la plupart de son temps enfermé comme dans une cellule de prison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bobby se gratta la tête, regarda les autres comme pour se donner du courage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- J'ai plus de videur dit-il en observant José qui ne cilla pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Comment, pas de videur ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Et oui, José est toujours absent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- T'embauche, t'as quelqu'un sous la paluche, demanda Marco.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Ouais, deux mecs, un prof de gym et un catcheur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- J'ai dit un, pas deux, tu prends le plus méchant, le plus balaise, enfin tu vois c'que j'veux dire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce fut ensuite le tour de Manu à être sur la sellette, beau garçon, brun, les yeux noirs, perçants au fond de leurs orbites, svelte, sportif, baratineur à fond, c'était le chéri de ces dames. Responsable des filles en action, il surveillait, avec ses acolytes, le circuit de la prostitution du sud, qu'ils avaient fortement développé dans les principales capitales régionales. Il était puissant Manu et très lié avec José, dont il avait souvent partagé les galères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- J'ai un nouvel arrivage, samedi prochain, en provenance de l'Amérique du sud, via l'Espagne, j'ai pris contact avec le montagnard chargé du passage des filles, il ne peut pas assurer leur protection dans les circonstances actuelles a-t-il précisé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marco prit un air étonné, je ne comprends pas dit-il.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce fut José qui prit la parole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Fais pas ton cinoche Marco, tu sais bien que c'est toi qui fout le bordel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marco se raidit sur sa chaise, posa les deux mains sur le bureau comme pour se retenir de prendre son arme, il fusilla José du regard, José qui avait eu le culot de prendre la parole, sans l'avoir sollicitée et de plus encore qui se permettait de le mettre en accusation devant son équipe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Explique-toi José hurla Marco.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tension était montée d'un cran dans la  salle, le silence se fit, lourd, palpable, oppressant, on entendit plus que le ronronnement de l'extracteur de fumée qui n'arrivait pas à assainir la salle, tous les regards étaient tournés vers les antagonistes, ne sachant encore quel parti prendre et même s'il y aurait un parti à prendre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
José marqua une longue hésitation, il se demandait s'il devait lancer le pavé dans la mare, le matin même il avait consulté le boss par téléphone qui lui avait donné carte blanche, il savait que l'avenir du groupe dépendait en grande partie de ce qu'il allait dire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Le trafic d'armes, tu connais Marco ? Tes conneries ont excité l'ETA, tu connais cette organisation, il avait été précisé que jamais nous ne toucherions aux armes, il a fallu que tu foutes le bordel. José continuait ses accusations, de plus en plus en colère sa voix montait de plus en plus fort, il accusait, pointa son doigt sur Marco, tu as transgressé la loi du groupe, à ton seul profit, j'ai risqué ma peau, Hélène a laissé la sienne, tu es responsable Marco.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ensemble des participants s'était levé, Marco était livide, José enchaîna d'une voix plus forte, je demande dit-il l'arbitrage du grand patron et je lève la séance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puis, s'adressant à Marco, j'ai besoin de te parler dit-il il, appela Manu qui s'approcha, tu restes avec nous dit-il.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Reste un problème à régler celui de Linda et de son môme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marco l'interrompit sèchement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Ca ne regarde que moi répondit-il. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Je regrette enchaîna José, je t'ai donné la main, je ne veux pas me retrouver dans le pétrin, il faut négocier et rendre l'enfant, éviter que les flics soient mis au parfum. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Ya rien à négocier hurla Marco, je veux tout récupérer, la fille, le gosse le dossier et pourquoi ne pas prendre un peu de blé au passage, les parents sont pleins aux as.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne - Fais pas le con Marco, tu dois passer la main,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant que Manu ait pu s'interposer, Marco bondit, saisit José à la gorge, hors de lui, Le regard plongé dans celui de José, crachat toute sa haine, lança cette menace : si tu me double, j'aurai ta peau, je te le jure.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Manu n'eut pas à intervenir, Marco lâcha prise, tourna les talons, sortit à l'air libre, laissant les deux comparses seuls dans le bureau. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/25/et-si-le-bonheur-16.html</guid> <title>Et si le bonheur....16</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/25/et-si-le-bonheur-16.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Mon, 25 Aug 2008 08:06:21 +0200</pubDate> <description> En quittant Linda, Dominique passa par la poste centrale prendre son courrier déposé dans sa boîte postale. C'était un habitué il connaissait bien le receveur principal c'était même un ami qui venait fréquemment déjeuner ou dîner, seul ou accompagné, au restaurant de l'hôtel. Tous les deux faisaient partie du Rotary Club.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu en retard sur l'horaire habituel, il entra dans la salle de restaurant, le premier service était en cours et Sonia se trouvait à la caisse. Ce n'était pas la première fois qu'elle occupait cette place. N'était-elle pas assurée après leur mariage de participer à la gestion de l'hôtel ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- D'où viens-tu lui demanda-t-elle lorsqu'il s'approcha de la caisse, je m'inquiétais.&lt;br /&gt;
A son air pincé il comprit qu'elle était fâchée. &lt;br /&gt;
Il n'avait nullement l'intention de lui mentir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- J'ai apporté quelques provisions à Linda, le frigidaire de l'appartement était vide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Je sais, mais elle ne peut pas faire ses courses elle même ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le ton de la conversation pas plus que le cours qu'elle prenait ne lui plaisait, il coupa court, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
-Je descends aux cuisines dit-il en quittant la salle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y eut beaucoup de monde ce jour-là au restaurant. Dominique ne revint pas dans la salle, il prit son repas aux cuisines, se réfugia directement dans son bureau, Sonia, après avoir arrêté les comptes, surveillé la remise au net de toutes les tables, monta retrouver Dominique dans son bureau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle voulait une explication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le bureau, composé de deux vastes pièces, l'une réservée à l'informatique, l'autre à la réception des fournisseurs et des amis, étaient situées au premier étage qui comprenait également l'appartement de Dominique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'autre moitié de l'étage était réservé aux chambres qui occupaient également le 2e et 3e étages de l'immeuble.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sonia entra comme la foudre dans le bureau de Dominique, le téléphone à la main. Elle commença une phrase, s'interrompit, laissa Dominique terminer sa conversation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il reposa son téléphone, elle remarqua que c'était son portable, le verbe haut s'adressa à lui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Je voudrais bien savoir ce qu'elle est venue faire ici ton ex ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ca y est, se dit Dominique, les ennuis vont commencer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'enfonça un peu plus dans son fauteuil, comme pour se protéger; regarda Sonia, debout, les deux mains posées sur le bureau, comme si elle était prête à bondir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Je ne t'ai jamais menti, Sonia, lui dit-il, j'ai toujours répondu à tes questions, sans détour,  sans hésitation, jamais je ne t'ai raconté d'histoire,  tu connais tout de mon passé, les grandes lignes tout au moins, ce n'est pas aujourd'hui que je commencerai à ne plus être sincère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il lui sembla que ce long préambule avait quelque peu détendu l'atmosphère. Il reprit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Tu sais combien j'aimais Linda quant je l'ai quittée, elle était désemparée, elle n'avait  pas voulu me suivre à Royan. Depuis, beaucoup d'eau est passée sous les ponts, elle a connu d'autres amants et moi, je t'ai trouvée, avant de la quitter, je lui avait dis que si elle avait des ennuis, je serais toujours là pour elle. Or, elle a des ennuis, de sérieux ennuis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Lesquels demanda Sonia sceptique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- On lui a kidnappé son bébé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Qu'est-ce que c'est cette histoire, en quoi ça te regarde, tu n'est pas le père je suppose ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Non bien sûr, je ne suis pas le père mais j'ai fait des promesses à Linda, je veux les tenir, je ne veut pas la décevoir, dit-il d'un air un peu agacé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Tu l'aimes encore questionna-t-elle d'une voix tremblante ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dominique ne répondit pas, comprit que les pleurs allaient faire leur apparition, si ce n'était déjà fait, il se leva, fit le tour du bureau, la pris dans ses bras, elle mit la tête dans le creux de son épaule, doucement il lui murmura à l'oreille : je t'en prie ma chérie, laisse-moi régler ce problème, donne-moi quelques jours, tout va rentrer dans l'ordre, je te le promets. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il l'embrassa tendrement, ému, troublé par cette peine, sortit de sa poche un mouchoir tout blanc, tout propre, lui essuya doucement les yeux mais dans ce visage de souffrance, un autre visage s'interposait, celui de Linda lui aussi, lourd de souffrance et de larmes, le jour où il l'avait quittée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il frissonna, sentit l'angoisse monter en lui, eut un instant la prémonition d'un cataclysme qui allait fondre sur eux,  mauvais présage pensa-t-il. Bien vite il chassa ces idées noires, il en voulu à Sonia d'en avoir été, par ses réflexions,  l'instigatrice.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se ressaisit, sans rien laisser paraître, prit les deux mains de Sonia dans les siennes, la regarda au fond des yeux, lui sourit, elle lui rendit son sourire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Il faut que je me sauve, lui dit-il en se détachant, on se revoit pour le dîner, il la serra contre son coeur, se retira rapidement en refermant la porte. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/24/et-si-le-bonheur-15.html</guid> <title>Et si le bonheur....15</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/24/et-si-le-bonheur-15.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Sun, 24 Aug 2008 08:14:12 +0200</pubDate> <description> Le premier geste qu'il fit en se réveillant, fut de chercher, dans la demi obscurité de la chambre, la montre qu'il avait posée sur la table de chevet la veille avant de s'endormir, il la trouva, l'approcha de ses yeux, il était  huit heures, négligemment la jeta sur le lit, pourquoi l'aurait-il  remise au poignet puisqu'il voulait prendre une douche, elle n'était pas waterproof.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le motard n'était pas homme à musarder au lit, il se leva d'un bond, n'eut pas besoin de retirer son pyjama, il n'en portait pas, se dirigea vers le téléphone, appela la réception, commanda un petit déjeuner copieux, à servir à huit heures trente, dans la chambre ajouta-t-il. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pièce était spacieuse, il se plaça à côté du lit et se mit à faire, comme chaque matin, une vingtaine de pompes. Ca le rassurait il avait l'impression que c'était suffisant pour maintenir sa forme, il se releva, le torse en sueur, fonça littéralement dans la salle de bains, sans refermer la porte, tout en chantonnant un air militaire, il entra sous la douche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il laissa longtemps l’eau ruisseler sur son corps, il fermait les yeux, savourait cet instant. C’était le meilleur moment de la journée, même à la Légion, quand il était en opération, la douche c’était sacré. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il arrêta l'arrivée de l'eau, quitta la cabine de douche, prit une serviette, épongea les gouttelettes retenues par sa généreuse toison, c’est qu’il était poilu, le drôle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On frappa à la porte de la chambre, entrez dit-il sans se retourner d'une voix forte, posez le plateau sur la table, il y eut un silence il entendit la porte se refermer, d'un  coup de brosse rapide il disciplina ses cheveux encore humides, posa la brosse et quitta la salle de bains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il stoppa net au moment où il franchissait le seuil, une femme se tenait là, immobile, devant lui, il la reconnut de suite, la patronne de l'hôtel. Il eut peur soudain, dans un éclair il pensa qu'elle était venue pour se venger, le tuer peut-être, du regard il chercha ses mains il les aperçues, posées sur  la ceinture de sa jupe qui tomba brusquement à terre, découvrant le bas de son ventre et ses superbes jambes totalement nues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il aperçut son regard, complètement déformé par le désir fou qui l'habitait, il n'eut pas le temps de dire un mot, ni de faire un geste, comme une furie, comme une lionne en rut, elle se jeta sur lui ses bras autour du cou, noua ses jambes autour de ses hanches, colla sa bouche contre la sienne, suçant et aspirant tout à la fois, la langue en folie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il sentit monter en lui, en même temps qu'un désir bestial, dévastateur, la satisfaction de se venger de la gifle qu'il avait reçue la veille. Elle s’activait, le souffle rauque, pesait sur son corps, se frottait contre son sexe, il devint dur comme de l'acier, pénétra en elle comme une lame, la portant tout contre lui, ils tombèrent comme une masse sur le lit, elle gémit de douleur et de plaisir, il la tenait à sa merci, se jouait d'elle, de son corps, la couchait sur le dos, sur le ventre, la chevauchait comme les cow-boys chevauchent leurs montures, assis sur sa croupe, les cuisses autour de ses flans, les mains enserrant sa gorge et malgré la pression qu’il exerçait elle avait encore la force de gémir et d’implorer encore, encore, oui, oui, encore. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme il aurait voulu la faire taire cette voix qui suppliait, il serra encore plus fort, sentit craquer les cartilages de la gorge, elle eut un spasme, dans un éblouissement il explosa en elle, il desserra l’étreinte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quatre fois de suite il monta à l’assaut de cette forteresse qui lui ouvrait toutes ses portes et s’il perdait de l’énergie, il y gagnait en profondeur, sa fureur décupla jusqu'à ce qu'elle demanda grâce, il eut alors la certitude de la dominer, je ne m'ennuierai pas trop pendant mon séjour, pas besoin de demander, elle reviendra la garce, pensa-t-il en l'observant du coin de l'oeil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle se leva, sans dire un mot, sans une toilette, remit sa jupe, reprit le plateau et sortit de la chambre comme elle y était entrée, à pas feutrés, pour ne pas se faire remarquer par le personnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merde, se dit-il, j’ai pas bouffé en regardant son petit déjeuner faire demi tour, il esquissa un geste, trop tard, la porte s’était refermée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’assit sur le lit, sentit la froideur d’un métal sous l’une de ses fesses, c’était sa montre, il la fixa à son poignet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seul dans sa chambre il mit un long moment à se persuader qu'il n'avait pas rêvé, il l'avait bien possédée cette femme rebelle qui l’avait humilié. &lt;br /&gt;
Il n'était pas de nature à se faire des noeuds à l'âme, il prenait ce qui se présentait, sans se poser de questions, il se souvint, quand même, qu'il était en mission, il devait retrouver la femme de Marco qui se trouvait, quelque part dans cette ville. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il était près de midi, il allait se préparer, ne prendrait pas son repas à l'hôtel, avalerait rapidement un casse-croûte, ça rattraperait le temps perdu à faire l'amour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se rendrait dans tous les hôtels de la ville en demandant si Madame Linda Ballard était bien descendue dans l'établissement. Ce serait long mais peut-être profitable, il sortit de sa chambre, ne prit pas l'ascenseur, descendit les escaliers quatre à quatre, c'était bon pour la forme, déposa sa clé à la réception, ce n'était pas la patronne, mais une jolie petite employée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il fit le tour de l'hôtel, reprit sa moto garée devant le restaurant, se rendit au syndicat d'initiative pour demander un plan de la ville et la liste des hôtels.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La chasse commençait vraiment. Il fit tous les hôtels portés sur sa liste, en vain, se rendit à la&lt;br /&gt;
Poste centrale, consulta les pages jaunes, nota les hôtels absents de la liste fournie par le syndicat d’initiative, visita ceux-ci, en vain, il y avait consacré tout son après-midi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La nuit chassait le jour, les lumières une à une s’allumaient dans la ville, au loin, près de la plage, un manège d’enfants tournait encore laissant échapper ses flonflons que le vent du large répandait sur la ville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il décida de ne pas rentrer à l'hôtel pour le dîner, il n'avait pas envie de revoir la femme qu'il avait dominée le matin même, çà suffisait pour aujourd'hui, il voulait respirer un peu, il avait aperçu un petit restaurant sympa sur la promenade. Il s'y rendit, c'était un peu tôt pour dîner, on lui permit cependant de choisir une table, il commanda un Martini Gin et attendit patiemment le premier service. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était bon de se laisser vivre, il apercevait, de l'autre côté de la vitre, au-delà de l'avenue qui longeait la plage, au loin les lumières de l'estuaire de la Gironde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un feu rouge à quelques mètres du restaurent arrêtait périodiquement le flux de la circulation, bien réduite en cette période hors saison, justement le feu venait de passer au rouge, quelques voitures s'arrêtèrent mais son attention fut attirée par une moto, une BMW quasiment comme la sienne, qui s'était arrêtée, il voulut appeler le motard, sortit précipitamment sur l'avenue au moment où le feu passait au vert, il arriva trop tard, d'un coup d'accélérateur, la moto avait disparu dans le lointain. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était Julien, mais si on le lui avait dit, il aurait sans doute haussé les épaules, il ne le connaissait pas et ne pouvait pas savoir que lui aussi cherchait Linda Ballard. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/23/et-si-le-bonheur-14.html</guid> <title>Et si le bonheur....14</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/23/et-si-le-bonheur-14.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Sat, 23 Aug 2008 08:14:19 +0200</pubDate> <description> Linda se réveilla de bonne heure ce matin là, elle avait passé une courte nuit, sa première nuit à Royan, dans ce petit appartement mis à sa disposition par son ami Dominique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A son arrivée la veille, l'émotion de leurs retrouvailles dissipée, il l'avait fait monter dans son bureau, ils étaient restés un long moment à se regarder, à se demander si c'était vraiment possible qu'ils se soient retrouvés après ce long silence de plus de douze mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle regarda sa montre, 8 heures, je n'ai pas envie de me lever se dit-elle, pas tout de suite, elle retrouvait les réflexes de son enfance, rester bien au chaud, la couette remontée au ras des yeux, et repasser dans sa tête les événements de sa jeune vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle se sentait bien dans ce lit douillet, elle était calme, détendue, elle avait pu parler à Dominique de ses angoisses, de sa vie avec Marco, de sa fuite, à la suite de la découverte du sort qu'il lui réservait, de l'enlèvement de son fils. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dominique l'avait écoutée, prise dans ses bras, consolée, il avait pris sur ses larges épaules toutes ses peines, il l'avait apaisée, l'avait accompagnée dans cet appartement qui lui appartenait, qu'il offrait en location pendant la période estivale et se trouvait libre en ce moment. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n'avait pas voulu qu'elle resta à l'hôtel, trop dangereux lui avait-il déclaré, Marco devait, sans aucun doute la faire rechercher par ses sbires, peut-être même savait-il qu'elle se trouvait à Royan.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle frissonna à l'évocation de cette éventualité, la repoussa aussitôt, on verra se dit-elle en remontant sa couette et en se raccrochant à la visite que Dominique devait lui faire dans la matinée. Nous essaierons demain, lui avait-il dit, de mettre au point une stratégie pour retrouver ton bébé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle regarda à nouveau sa montre, il était neuf heures, allons, se dit-elle, avec regret, il faut que je me lève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'un  coup de rein agile elle sauta hors du lit, ramassa sur le sol la robe de chambre qu'elle avait laissée choir la veille en se couchant, le soleil filtrait ses rayons au travers des volets clos projetant sur le sol des petites tâches de lumière. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Subitement elle eut envie d'un grand bol de café chaud, avec de la crème et du pain frais, elle sortit de la chambre, pénétra dans le vestibule puis, dans la cuisine, se dirigea vers le frigidaire, l'ouvrit, il était vide, c'était normal, il lui faudrait faire des courses ce matin si elle ne voulait pas mourir de faim, mais Dominique lui avait demandé, par mesure de prudence, de ne pas quitter l'appartement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Résignée elle pris dans son sac déposé dans l'entrée ses affaires de toilette, pénétra dans la salle de bains, se déshabilla et se glissa sous la douche. L'eau tiède ruisselait sur son corps, une douceur pénétrante l'envahissait toute entière, le bruissement des gouttelettes d'eau apaisait sa souffrance, c'était une renaissance, sa renaissance, son retour à la vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Trois coups de sonnette, deux brefs suivis d'un plus long la rappelèrent à la réalité. C'était Dominique, son signal, ça la fit sourire. Elle coupa l'arrivée de l'eau, prit au passage sa robe de chambre, l'enfila tout en courant à la porte d'entrée, c'était bien Dominique, elle reconnut son visage bien que déformé par la vision au travers de l'oeilleton de la porte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle le fit entrer, referma la porte, sans dire un mot, il se dirigea vers la cuisine, déposa sur la table des sacs à provisions remplis de victuailles. Tu peux tenir un siège de plusieurs semaines, dit-il en se retournant, il reçut Linda dans ses bras, elle voulait le remercier, l'embrassa tendrement sur les joues, il la serra un peu plus fort contre lui, sans rien dire, mais toute la tendresse se lisait dans leurs yeux, ils se regardèrent un long moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce fut Linda qui rompit le silence. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Je suis morte de faim dit-elle en vidant de leur contenu les sacs à provisions, as-tu déjà pris ton petit déjeuner ? demanda-t-elle à Dominique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Non je n'en ai pas eu le temps et puis je pensais bien que tu m'inviterais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle rangea les provisions, prépara le café, mit le lait à chauffer sur le gaz, dressa rapidement la table. Dominique la regardait, un sourire amusé sur les lèvres, il la retrouvait sa petite Linda, elle n'avait pas changé, l'espace d'un instant il se prit à penser qu'ils ne s'étaient pas quittés, qu'ils vivaient toujours ensemble. Brusquement le sourire disparut pour faire place à un sentiment de tristesse, non, ce n'était plus comme avant, il manquait au décor le petit lit dans lequel dormait le petit Paul, le bébé de Linda.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils prirent leur petit déjeuner à côté l'un de l'autre, amusés, émus de se retrouver ensemble, il la regardait, la trouvait toujours aussi belle que lorsqu'il l'avait prise en stop à la sortie de Dijon un soir du mois d'octobre, elle attendait sur le bord de la route une voiture qui pourrait la conduire loin de cette ville qui l'avait perdue et de ses parents qui l'avaient rejetée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant qu'elle s'habillait il se remémora les différentes étapes de leur histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il rentrait de vacances, se rendait à Aix-en-Provence et devait reprendre sa place de cuisinier dans un restaurant de la région. Timide, elle s'était assise à côté de lui, ne parlait pas beaucoup, il apprit cependant qu'elle venait de quitter ses parents, qu'elle était enceinte, ne savait pas où aller.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il lui avait demandé son âge, elle avait un peu menti, il l'apprit plus tard, en lui disant qu'elle avait dix-huit ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il avait eu pitié d'elle, lui avait proposé de l'héberger un jour ou deux, pour lui permettre de se ressaisir. Elle resta douze mois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se souvenait Dominique, assis là dans cette cuisine, elle s'était installée dans sa vie tout doucement sans faire de bruit, de la paume de la main il essuya une larme, le regard perdu sur le lointain, les images nostalgiques remontaient à la surface. Il ne les refoulait pas, bien au contraire il s'en délectait, c'était si tendre de revoir ces moments où sa vie aurait pu facilement basculer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se souvenait, elle semblait si fragile, si paumée, si vulnérable, mais si belle, peut-être déjà était-il tombé amoureux. Quand il lui avait proposé de s'installer dans la chambre d'amis elle avait eu un regard où il avait pu lire toute sa reconnaissance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les jours s'ajoutaient aux jours mais plus le temps passait moins il avait envie de la voir partir et puis où serait-elle allée ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa grossesse aussi les avait rapprochés, il avait été profondément troublé par ce petit être qui vivait bien au chaud dans le ventre de sa mère, tiens, lui disait-elle parfois, mets ta main là, sur mon ventre tu vas le sentir bouger, il s'exécutait autant pour découvrir les mouvements désordonnés du bébé que pour sentir la chaleur et la douceur de sa peau. Il l'avait épaulée, soutenue, réconfortée dans les moments d'abattement,  l'avait conduite à la clinique lorsqu'elle avait perdu les eaux, à la naissance il avait tenu ce bébé dans ses bras, comme s'il avait été son père. Ces moments-là ne s'oublient pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A son retour de couches, peut-être pour le remercier, peut-être aussi pour calmer ses angoisses, ou pour combattre la solitude, une nuit, Linda, comme une petite souris, s'était glissée dans le lit auprès de lui, elle ne l'avait pas réveillé, ce n'est qu'au matin qu'il l'avait découverte pelotonnée dans le mitant du lit, l'émotion avait été immense, il n'en croyait pas ses yeux, ce n'est que lorsque, éveillée à son tour, elle s'approcha, se blottit contre lui, qu'il prit la mesure de tout ce qu'elle lui offrait, sa jeunesse et, pour la première fois il avait pensé qu'il pourrait faire sa vie avec elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soudain, Linda sortit de la chambre toute fraîche, ses longs cheveux au vent, elle s'avança, étonnée de le retrouver à la même place. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Si on s'installait plus confortablement, lui dit-elle avec un sourire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne répondit pas, sortit difficilement de sa rêverie, se leva et ils s'avancèrent jusque dans la salle de séjour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était une grande pièce, confortable, meubles modernes, canapé et fauteuils en cuir blanc, télévision grand écran, chaîne hi-fi avec, dans la bibliothèque, tout un rayon de CD.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dominique ouvrit les volets des deux portes fenêtres qui accédaient à un minuscule jardin d'agrément, très coloré, planté de tamaris et de roses trémières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Tu pourras laisser ces volets ouverts, personne ne peut te voir, ce ne sont que des propriétés privées rarement occupées hors saison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils s'installèrent à côté l'un de l'autre sur le grand canapé blanc, les pieds repliés sous ses fesses, la tête contre son épaule elle était prête à entendre toutes ses  suggestions. &lt;br /&gt;
- Si tu es d'accord lui dit-il, je vais me mettre en rapport avec Marco, il faut savoir ce qu'il a derrière la tête, il ne faut pas que ce soit toi qui téléphone, moi, il ne me connaît pas, du moins je le suppose,  je serai, disons, ton conseil juridique.&lt;br /&gt;
Elle ne répondit pas, acquiesça de la tête, se pelotonna un peu plus contre lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Qui était cette femme, cette très belle femme, qui se trouvait auprès de toi lorsque je suis arrivée hier soir, lui demanda-t-elle à brûle-pourpoint.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Surpris par cette question en dehors du sujet il marqua une courte hésitation, se demandant si elle n'exprimait pas un sentiment de jalousie, elle n'a aucune raison, pensa-t-il, il décida d'être franc dans sa réponse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Tu veux parler de Sonia, c'est la jeune femme qui doit partager sa vie avec moi, enfin je l'espère. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Tu la connais depuis longtemps ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Six mois, c'est la fille d'un ostréiculteur de la région, dit-il amusé par la tournure que prenait la  discussion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est Linda qui revint au sujet principal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Je ne dois pas sortir, pas du tout, demanda-t-elle ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Ca vaudrait mieux tant que nous ne savons pas ce que mijote Marco, en tout cas, il ne faut pas te montrer en ville, s'il a un homme qui te recherche, non seulement il a ton signalement, ta photo, sans doute, il va commencer dans tous les hôtels, les commerces, les boulangeries, la poste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l'évocation de ce nom, Linda fit un bond.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Mon Dieu dit-elle affolée, j'ai oublié de te dire que j'avais entre les mains un dossier que je crois être sensible, concernant Marco. Pour être sûre de ne pas le perdre ni me le faire voler je me le suis envoyé, par lettre, à mon nom en poste restante à Royan. Il y est encore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Que contient ce dossier ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Je sais pas, des listes, avec des noms, et des chiffres, il était dans son coffre et il semblait en prendre grand soin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dominique regarda sa montre, il faut que je rentre surveiller le service de midi, je repasserai plus tard, dit-il en se levant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Tu vas la retrouver demanda Linda d'une petite voix ? &lt;br /&gt;
Dominique ne répondit pas, sortit sans se retourner, fit un geste de la main et lança : à plus. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/22/et-si-le-bonheur-13.html</guid> <title>Et si le bonheur....13</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/22/et-si-le-bonheur-13.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Fri, 22 Aug 2008 09:46:59 +0200</pubDate> <description> C'était la première fois que José se rendait dans ce trou perdu au milieu des Pyrénées, près de la frontière espagnole.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il invita Hélène à descendre, elle ne se fit pas prier et bien vite vint se ranger auprès de José tant était fort le sentiment d'angoisse qu'elle éprouva soudain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès l'abord ils ne virent personne, pas de comité d'accueil, ni d'illuminations, seule, en face d'eux, une imposante bâtisse se découpait sur fond de ciel étoilé, ciel de froidure, la lune en son premier quartier projetait sur la terre une pâle lumière créant au sol des ombres fantasmagoriques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le lointain un hurlement se fit entendre suivi d'une plainte déchirante qui n'en finissait pas. José qui n'était pas un enfant de coeur partagea cette angoisse, il se rapprocha de la voiture, passa la main sous son siège, retira le P 38 qu'il armât &lt;br /&gt;
D’un geste sec.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un bruit de pas se fit entendre, voilà de la visite se dit José.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les yeux et les oreilles aux aguets il avança en direction d'un petit édifice qu'il pensa être la margelle d'un puits, de sa main gauche il fit signe à Hélène de le suivre sans bruit, c'était bien un puits, ils se mirent à couvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les pas se rapprochaient, on les entendait distinctement maintenant, José pensa que le moment était venu de lancer le mot de passe révélé par Marco.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Viva cria-t-il d'une voix assurée.&lt;br /&gt;
- Libertad, répondit une voix chaude, fortement timbrée, l'atmosphère se détendit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le faisceau d'une lampe électrique balaya les ténèbres, s'attarda un instant sur le visage de l'individu qui approchait, comme pour se présenter, pour se porter ensuite sur José et Hélène enfin sur la porte d'entrée et sur le chemin rocailleux qui y conduisait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'individu donna un tour de clé, poussa la porte qui gémit sur ses gonds, fit quelques pas, laissa ses visiteurs sur le seuil, trouva la lampe qu'il cherchait, frotta son briquet, alluma la lampe à pétrole qu'il tenait dans sa main gauche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une lumière timide éclaira l'unique mais immense pièce de cette bâtisse, laissant dans les encoignures de larges zones d'ombre. Les quatre murs sans ouverture sur l'extérieur étaient en pierre apparente, le sol en terre battue, dans le coin droit face à la porte d'entrée un escalier en bois brut accédait à la mezzanine également en bois brut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n'était pas le Sofitel, ni même un hôtel deux  étoiles, mais on peut y séjourner une nuit pensa Hélène qui se fit un devoir de visiter le frigidaire tandis que les hommes échangeaient à l'écart quelques mots. Elle n'avait pas à participer à la discussion, c'était leurs affaires, elle n'avait pas à les connaître encore moins à en discuter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le repas fut frugal et rapide, fromage de chèvre, tranches de lard fumé, confiture de myrtilles, accompagnés d'un petit vin du pays. Il fut aussi silencieux, Hélène observa l'individu, celui qu'on appelait le montagnard, bel homme, grand, solidement charpenté, la cinquantaine flamboyante, un visage taillé à la serpe, des yeux bleus, moustache et barbe blanches taillées en pointe, les sourcils presque noirs soulignant le regard perçant, un éternel chapeau de feutre tout déformé, sans couleur, définitivement vissé sur la tête, veste et pantalon en velours beige côtelé, des souliers de montagne complétaient l'habillement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le montagnard regarda sa montre, referma son opinnel, se leva, s'adressa à José :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- J'te laisse la clé, j'prépare la bagnole, lever demain à 5 plombes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il quitta la salle, sans dire un mot de plus, sans même regarder Hélène qui souleva les épaules, comme pour dire à qui l'aurait vue, qu'elle s'en foutait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Restés seuls, José et Hélène, fatigués par cette longue journée, et par les émotions qu'elle avait suscitées, trouvèrent près des lits installés dans la mezzanine, des couvertures et des sacs de couchage, ils s'installèrent pour la nuit aussi confortablement que possible. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
José s'endormit comme  une masse, Hélène ne trouva pas le sommeil tout du moins pas tout de suite, elle songea à sa ville natale, à sa jeunesse, à ses parents noyés dans le chagrin, maintenus volontairement depuis plus de trois ans sans nouvelles, sans qu'ils sachent où elle se trouvait, ni ce qu'elle faisait, elle ne voulut pas s'attendrir, repoussa les images qui lui étaient douloureuses,  elle ni parvenait pas, elle savait qu'elle avait  fait le mauvais choix, se demandait ce qu'elle faisait là dans ce nid de truands, sa vie sentimentale n'était qu'un échec, elle avait eu des amants de passage, sans amour, sans tendresse, le portefeuille à la place du coeur. Elle eut soudain honte de son existence, honte de sa vie, alors dans un grand élan de repentir sincère, se fit le serment que dès son retour, elle laisserait son masque au vestiaire pour redevenir la petite Hélène, celle qu'elle avait toujours été, celle de la rue du Gros horloge à Rouen. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le coeur apaisé, elle ferma les yeux, comme pour faire pénitence, le sommeil l'enveloppa de son épais manteau.   &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un bruit indéfinissable parvint dans la nuit  aux oreilles de José, bruit insolite dans cet environnement si calme, on aurait dit des pas sur le sol, des paroles apportées par le vent. José inquiet, dérangé dans son sommeil, consulta sa montre, il était deux heures, les bruits s'arrêtaient par instants puis reprenaient assourdis, manifestement il se passait quelque chose autour de la maison. Il fallait aller voir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'habilla à la hâte, saisit son revolver déposé près de sa couche, descendit l'escalier sans faire de bruit,  se dirigea vers la porte, l'ouvrit, un petit vent froid glissa sur son visage, il frissonna, et sans refermer la porte derrière lui, s'enfonça dans la nuit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il avança lentement, le corps penché en avant, prêt à bondir, fit quelques mètres encore, se dirigea vers le dernier contrefort rocailleux, là d'où provenaient les paroles de plus en plus audibles, de l'espagnol pensa-t-il, encore quelques pas, il se retrouva près d'un buisson, avait senti les branches épineuses s'accrocher à sa manche, allait le contourner, entendit un frôlement, sans penser qu'il faisait peut-être une erreur, il murmura Viva, son coeur fit un bon dans sa poitrine, le vent dans un souffle lui apporta la réponse libertad. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était le montagnard, tout en rampant ils se rapprochèrent, la lune qui avait disparu derrière les nuages fit à nouveau son apparition, ils virent alors distinctement à une centaine de mètres un groupe d'hommes armés, cagoulés, courir en gesticulant dans tous les sens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Qui c'est ces guignols ? demanda José.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- L'ETA, répondit le montagnard, j'avais reçu des menaces, j'pensais pas qu'ils passeraient  à l'exécution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Mais que cherchent-ils, la dope ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Non les.... le montagnard ne finit pas sa phrase, un cri déchirant, inhumain, venu de la maison, ils retournèrent instinctivement la tête, suffoquée ils aperçurent Hélène qui courait dans leur direction appelant sans cesse José ....José.... José, poursuivie par deux individus cagoulés, ils ne firent qu'un bond, sont se préoccuper du danger, pas plus que de l'insuffisance de leurs armes, ils volèrent à son secours. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils furent stoppés net par une rafale de mitraillette, José toujours debout, arriva près d'Hélène, couchée, la face contre terre, inerte, baignant dans une mare de sang, José s'agenouilla, la retourna doucement sur le dos, une tâche rouge s'élargissait sur sa poitrine, elle ouvrit les yeux,  prit la main de José et murmura dans un souffle :  je....veux.... rentrer...... chez....... moi. Elle glissa dans les bras de José, Hélène ne reverrait pas ses parents ni sa ville natale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les tueurs s'étaient enfuis, de rage, José vida son chargeur dans leur direction mais que pouvait il faire de plus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le montagnard arriva près de José, le bras droit supportant le bras gauche, touché par une balle à l'épaule, il avait perdu beaucoup de sang, sous l'impact s'était évanoui, mais le petit matin qui fraîchissait l'avait sorti de sa torpeur. José  regarda sa montre, il était près de quatre heures, dans une heure il serait parti, mais que faire du corps d'Hélène, José ne laissait jamais un cadavre derrière lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
T'inquiète lui dit le montagnard, j'ferai le ménage, on n'doit pas laisser de traces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 José ne pouvait se résoudre à quitter cet endroit sans avoir obtenu quelques réponses aux questions qui lui venaient à l'esprit. Il proposa au montagnard de le suivre au prétexte qu'il voulait jeter un coup d'oeil sur sa blessure, le montagnard accepta, les moments de frayeur qu'ils avaient surmonté avaient rapproché ces deux taciturnes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils se dirigèrent vers la grande bâtisse, firent quelques pas, brusquement José s'arrêta, le montagnard en fit autant, José revint sur ses pas près du corps d'Hélène, se baissa, la saisit dans ses bras, se dirigea vers le puits qui se trouvait à quelques mètres, eut un moment d'hésitation, comme pour lui laisser le temps de dire une prière, puis d'un geste large, précipita le corps par dessus la margelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Tu balanceras des pierres demain, dit-il en matière d'oraison funèbre, au montagnard qui l'avait attendu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De retour dans la salle, José examina la blessure du montagnard, heureusement la balle n'avait fait qu'effleurer le bras gauche laissant sur son passage la chair à vif, pas besoin de docteur, la cicatrisation se ferait naturellement. José demanda de l'alcool, le montagnard sortit d'un vieux bahut deux bouteilles couvertes de poussière, l'une de vin, l'autre d'alcool de fruit, tendit cette dernière à José qui en versa une bonne rasade sur la plaie à vif,  le montagnard serra les dents, sans laisser échapper aucun cri. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils s'installèrent l'un en face de l'autre, autour de la table, ils se servirent un verre de vin, le silence persistait dans la salle, au second verre ils purent  échanger quelques mots, au troisième verre ils se racontèrent, difficile de les arrêter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Pourquoi cette attaque de l'ETA demanda José, que cherchaient-ils ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Les caisses de dynamite que nous leur avons subtilisées. Ce stock nous avait été signalé par un indic, il se trouvait sur un chantier de T.P, près de Castres, dans la montagne noire. Nous ne savions pas qu'il appartenait à l'ETA, nous avons embarqué la dynamite et débarqué l’indic qui jouait un double jeu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Comment ça, de la dynamite, c'est nouveau, jusqu'à présent l'organisation ne gérait que la drogue, la prostitution, et le trafic des personnes, t'as reçu des ordres du Boss ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Non mais de Marco.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- De Marco ? Questionna José étonné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Oui, de lui seul, activité parallèle je suppose, moi j’discute pas les ordres, j’exécute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
José était de plus en plus étonné, il n'avait jamais entendu parler de trafic d'armes, il avait pourtant de nombreux contacts avec le boss, le grand patron, il commençait à douter de la fidélité de Marco à l'égard du groupe, il faudra se dit-il, sans rien laisser paraître, que je tire cela au clair.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils finirent la bouteille, en silence, chacun à nouveau perdu dans ses pensées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le montagnard se leva,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- C'est bientôt l'heure dit-il, faut que j'aille vérifier ta tire, il sortit aux premières lueurs de l'aube.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une fois seul, José ne put s'empêcher de réfléchir. L'organisation était bien implantée dans cette région, sur un terrain, ancienne mine d'or, truffé de galeries dont l'une d'entre elles avait été prolongée clandestinement jusqu'en territoire espagnol. La drogue, en provenance d'Amérique du sud et de deux laboratoires espagnols, était négociée en Espagne, passait en France, en toute sécurité par la galerie-tunnel, son acheminement dans la métropole ne posait ensuite aucun problème. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le tunnel facilitait aussi l'entrée clandestine des étrangers sur le sol Français, il en était de même des jeunes femmes étrangères destinées à la prostitution. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout cela était parfaitement rodé, pourquoi, se demandait José, le mettre en péril par des actions inconsidérées, l'enlèvement de l'enfant et le trafic d'armes qui produisaient des turbulences majeures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un peu après cinq heures José reprit seul la route en direction d'Aix-en-Provence. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/21/et-si-le-bonheur-12.html</guid> <title>Et si le bonheur....12</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/21/et-si-le-bonheur-12.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Thu, 21 Aug 2008 08:03:00 +0200</pubDate> <description> Le motard arrêta brusquement sa machine devant le restaurant de l'hôtel de France, terminus, dit-il en mettant pied à terre, d'un geste sec il bascula sa béquille, respira à pleins poumons l'air frais venu du large, descendit de sa moto, jeta un regard conquérant sur cette ville qui s'endormait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il allait la réveiller cette capitale, la passer au peigne fin, il était là pour ça. &lt;br /&gt;
Marco lui avait donné l'ordre de retrouver la fille, il la connaissait bien cette nana, c'était la femme à Marco comme on disait entre potes, celle qui s'était tirée, sans crier gare, celle qu'il avait poursuivie et à laquelle il avait chouravé son mouflet, elle lui avait glissé entre les pattes,  il avait une revanche à prendre, Marco l'avait engueulé, mais il avait carte blanche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il sourit sous son casque, ça va saigner se dit-il, sentit monter en lui une poussée de chaleur intense, retira son casque et tout heureux, d'un pas décidé, entra dans le restaurant de l'hôtel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était une grande salle, une quinzaine de tables de toutes les formes, artistiquement réparties, superbement fleuries, les couverts dressés attendaient le client. Il n'y avait encore personne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant une femme qui semblait être la patronne manipulait des papiers derrière un minuscule comptoir, elle attendait elle aussi manifestement le client.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le motard (on ne lui connaissait pas d'autre nom) s'approcha,  arbora ce qu'il croyait être son plus séduisant sourire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Salut dit-il, si vous avez une piaule je becte  ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La patronne de l'hôtel, car c'était bien elle, hésita un instant, la tête de ce client ne lui disait rien qui vaille, mais elle en avait tellement vu dans sa vie professionnelle des clients bizarres qu'elle n'y prêta pas plus attention et puis, la saison était terminée, l'hôtel ne faisait pas le plein chaque jour, elle avait beaucoup de chambres de disponibles. Elle s'efforça de sourire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Une chambre avec vue sur la mer, demanda-t-elle.&lt;br /&gt;
- Cà j'm'en tape, j'suis là pour du boulot, en mission comme qui dirait, ajouta-t-il comme pour se donner de l'importance.&lt;br /&gt;
- Suivez moi je vous prie, la réception c'est à côté, dit-elle en lui faisant signe de la suivre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle s'engagea dans le long couloir conduisant à la réception de l'hôtel, il la suivit, elle marchait devant lui. Mais c'est qu'elle est canon cette souris se dit-il, j'me la f'rais bien,  il voyait cette croupe onduler au rythme de ses pas, les hanches bien moulées dans la jupe étroite, imagina le string que l’on ne voyait pas, sentit soudain comme une décharge d'adrénaline, il plaqua ses grosses mains encore gantées de cuir, sur les fesses de la jeune femme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réaction ne se fit pas attendre, elle fut aussi rapide et brutale que l'attaque, un aller retour sonore sur les joues de l'individu résonna dans le couloir comme un roulement de tambour devant un monument aux morts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aucun mot ne fut prononcé, ils pénétrèrent dans la salle de réception. Plusieurs clients attendaient auprès de leurs bagages. Elle lui remit une clé.&lt;br /&gt;
- Chambre 314 au 3ème étage lui dit-elle d'une voix sèche, sans le regarder, le début du repas est à 20 heures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il regarda sa montre, il avait un peu de temps devant lui, il gagna l'ascenseur et monta dans sa chambre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne mit pas longtemps à examiner la chambre qu'on lui avait donnée, un  lit à deux places, il voulait être à l'aise et puis on ne savait jamais, une douche et, luxe suprême, un mini barr. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans retirer ses vêtements, se laissa choir sur le lit dont le matelas gémit de douleur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Demain la chasse allait commencer, il jubilait, piaffait d'impatience,  il n'avait pas de plan d'action, travaillait d'instinct, ancien para, dans la légion,l'attaque, la feinte, la ruse, le camouflage, la neutralisation d'un adversaire, tout ça il connaissait, il aimait, c'était son élément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans ménagement son estomac lui fit comprendre qu'il était temps de dîner, il jeta un coup d'oeil à sa montre, se leva, ouvrit la porte, referma d'un tour de clé et se dirigea vers l'ascenseur. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/20/et-si-le-bonheur-11.html</guid> <title>Et si le bonheur....11</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/20/et-si-le-bonheur-11.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Wed, 20 Aug 2008 09:34:49 +0200</pubDate> <description> Linda reprit sa marche sur la promenade qui longeait la plage, au loin dans une étreinte qui n'en finissait pas, la mer épousait le soleil qui lentement disparaissait à l'horizon. Ca et là au long de la jetée, les lampes d'éclairage s'allumaient une à une, la nuit lentement déployait son manteau de velours, la douce tiédeur du soir invitait à la rêverie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout en  marchant Linda scrutait les immeubles plantés de l'autre côté de l'avenue dont les façades rougeoyaient encore sous le soleil couchant, une vague de tristesse la submergea tout à coup, c'est avec son fils, son bébé, l'amour de sa vie, qu'elle aurait dû se trouver là, ce soir, où était-il en ce moment ce petit bonhomme, elle n'aurait jamais dû s'enfuir, vouloir échapper à Marco et à ses sbires, c'était mission impossible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment avait-elle pu se tromper aussi lourdement sur cet homme, elle se souvenait de sa gentillesse, de ses bonnes manières qui n'étaient que de façade,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était un monstre, sans aucun scrupule, du moins elle l'avait appris plus tard à ses dépens, elle n'avait pas supporté qu'il ait levé la main sur elle, mais quand elle avait appris ce qu'il avait l'intention de faire d'elle, sans hésitation, à la minute même, prit la décision de partir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les représailles avaient été immédiates, rapides comme l'éclair, jamais elle ne se serait doutée qu'il l'atteindrait dans sa chair, elle savait maintenant que son bébé, dans les pattes de Marco, serait une monnaie d'échange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout en elle criait vengeance, jamais elle ne laisserait ce monstre imposer sa loi. Elle avait  mal Linda, elle portait dans son coeur un poids immense, elle se sentait coupable, coupable d'être là, seule sur cette plage, sans son bébé, coupable de ne pas avoir su discerner la véritable nature de l'homme qu'elle avait fréquenté, coupable de ce moment d'inattention qui avait facilité la disparition de l'enfant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout en elle n'était que souffrance, allait-elle pouvoir apaiser ce coeur qui s'emballait à l'évocation de ses souvenirs, à la vue d'un petit enfant jouant près de sa mère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle s'arrêta soudain, prit conscience qu'elle était arrivée enfin, de l'autre côté de l'avenue, l'enseigne lumineuse de l'hôtel brillait de tous ses feux, Les Flots Bleus, aucun doute elle était bien arrivée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle se demanda si elle n'avait pas eu tort de ne pas prévenir Dominique mais son départ avait été si précipité qu'elle n'en avait pas eu le temps, elle contemplait cette enseigne lumineuse, se demanda ce qui l'attendait derrière cette façade, allait-elle reprendre une vie normale, construire un nouvel avenir, retrouver son enfant, vivre un nouvel amour, peut-être aurait-elle demain un début de réponse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Allons,  je me jette à l'eau se dit-elle, en lançant un dernier regard vers la mer, la nuit avait chassé le jour, le vent du large grossissait les vagues qui venaient mourir sur la grève, elle avisa à proximité un passage clouté équipé de feux clignotants garantissant, en pleine saison, aux clients de l'hôtel, un accès sécurisé à la plage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il lui fallait traverser, elle s'approcha près des quelques  rares personnes qui attendaient, laissa passer les rares voitures empruntant l'avenue, puis, s'engagea sur le passage. Elle marchait allègrement au milieu des autres personnes, soudain elle se sentit soulevée du sol, vigoureusement tirée en arrière, entendit au même instant un grondement de tonnerre, s'agrippa de toutes ses forces à l'homme qui venait de lui sauver la vie. Elle n'avait rien vu Linda, arrivée sur le trottoir on lui expliqua, un bolide, une moto, au mépris des clignotants, avait traversé en trombe le passage clouté, des yeux, elle chercha son sauveur, il n'était plus là, il lui sembla toutefois qu'il était entré à l'hôtel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle attendit encore quelques instants, comme pour se refaire une santé, puis à son tour franchit la porte, pénétra dans le hall de réception, surprise par les lumières trop vives elle cligna des yeux, du regard fit le tour de la salle, surprise elle se figea, elle aperçut près de la réception, en compagnie d'une jeune et très jolie femme, son ami Dominique riant aux éclats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme je tombe mal, se dit-elle, avec un léger pincement au coeur, voulu faire demi-tour, c'était trop tard, il venait de la voir. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/19/et-si-le-bonheur-10.html</guid> <title>Et si le bonheur....10</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/19/et-si-le-bonheur-10.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Tue, 19 Aug 2008 08:22:04 +0200</pubDate> <description> Il était un peu plus de quatorze heures lorsque José reprit la route. Le temps était au beau le soleil brillait dans le ciel, il baissa la vitre, une bouffée d'air frais inonda l'intérieur. Hélène toujours à la recherche de CD exprima tout ce qu'elle ressentait : &lt;br /&gt;
- On se croirait en vacances, dit-elle en s'étirant.&lt;br /&gt;
- Ouais lui dit José mais c'est pas des congés payés.&lt;br /&gt;
- T'as beaucoup de liberté, toi, que fais-tu en dehors de la disco lui demanda-t-elle.&lt;br /&gt;
- Comme toi, pas plus que toi, dit-il en remontant sa glace.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle jeta un regard furtif sur José, comprit qu'il n'avait pas l'intention de poursuivre la conversation et glissa un disque dans le lecteur, c'était le dernier Benabar.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pendant tout le trajet elle se borna à lui allumer des cigarettes lorsqu'il le lui demandait, de temps à autre et lui tendait la bouteille d'eau placée sous le siège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lui, absorbé par la conduite, vagabondait dans ses souvenirs, sa naissance en 1952, quelques années seulement après la fin de la guerre, à Limoges, dans le quartier des ponts, désignation péjorative que les Limougeauds donnaient à ce quartier qui n'était qu'une concentration de gens pauvres et de pauvres gens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Petites maisons basses aux toits d'ardoises grises, imbriquées les unes dans les autres, comme si elles avaient voulu se protéger, les vieux tout dépenaillés somnolents sur de vieilles chaises disposées contre les murs, les enfants dans la rue, livrés à eux-mêmes, surveillés par tout le monde et par personne, et de l'autre côté du vieux pont Saint-Étienne, le long de la Vienne, les terrains vagues, jonchés de tas d'ordures et de matériaux de démolition s'étendant jusqu'au début de la cité des Coutures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était là, dans ce milieu criminogène, qu'il avait fait ses classes, à l'école de la rue, c'était sur ces terrains, par une nuit sans lune qu'il avait eu sa première vraie bagarre, au couteau, contre une bande de voyous du même âge qui tentaient de violer une jeune voisine bien connue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'en souvenait comme si ça venait de se passer, pourtant  il n'avait que quatorze ans, peut-être parce que cette fille qu'on appelait la gitane lui avait fait au coeur une marque indélébile, elle s'était offerte à lui pour le remercier et l'avait ensuite ridiculisé sans qu'il en comprit les raisons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l'évocation de ce souvenir; il sentit monter en lui, une fois encore une rage contre les femmes, contre toutes les femmes qui au cours du temps, n'avait fait que s'amplifier, qui jamais n'avaient trouvées grâce à ses yeux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il les fréquentait quand c'était nécessaire, ne leur faisait jamais confiance, il en usait pour son plaisir, son équilibre physiologique, il les dressait, en abusait pour les soumettre à la prostitution, mais sa véritable jouissance c'était,  lorsqu'elles présentaient un danger pour le groupe, de les détruire et de les faire disparaître si on le lui demandait.    &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis longtemps déjà ils avaient dépassé Toulouse, se trouvaient très près de Montpellier bientôt ils serait dans les Pyrénées. Hélène s'était assoupie. José avait replongé dans son enfance, dans le film de sa vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il naviguait maintenant dans la période la plus dure, la plus difficile de son existence, la période des galères incessantes qu'il avait connu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A quinze ans, l'âge qu'il considérait être sa majorité, il avez fugué, quitté le domicile familial, quitté l'école, quitter les copains, il avait tout laissé derrière nui, avait fait la route comme un traîne savates, suivi un groupe de Romano dormant avec eux dans leur roulotte,  vivant de rapines, de vol et de petites et escroqueries. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A dix-huit ans on le retrouvait à Bourges chez un ferrailleur dont la spécialité était le cambriolage des propriétés de haut standing et le pillage des châteaux de la région étendue à la Dordogne au sud et le Loiret au nord. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette bagarre sur la place Gordaine qu'il avait évoqué avait marqué le début de ses ennuis judiciaires quinze jours de prison ferme purgés à la prison de Bourges entre le cimetière et la route de Paris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après, il ne voulait pas s'en souvenir, du reste ce n'était pas encore des souvenirs, c'était l'action présente, rien à voir, rien à comprendre, c'était l'engrenage qui l'avait conduit là où il en était. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
A 22 heures il arrêta son véhicule, dans la cour du refuge, Hélène somnolait toujours. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/18/et-si-le-bonheur-08.html</guid> <title>Et si le bonheur....09</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/18/et-si-le-bonheur-08.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Mon, 18 Aug 2008 07:55:00 +0200</pubDate> <description> Julien tourna la tête, sa grand-mère dormait paisiblement, il se leva sans bruit, &lt;br /&gt;
gagna la cuisine, dénicha un paquet de pâtes. Méthodiquement il chercha, dans les placards, les ustensiles nécessaires à la préparation du repas.&lt;br /&gt;
Il venait de terminer de dresser la table lorsque la sonnerie de l'entrée se fit entendre, il se précipita, ouvrit la porte. Dieu soit loué, dit-il en soupirant, c'était le médecin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Celui-ci examina attentivement et longuement Mahdi, posa de pertinentes questions, l'examen terminé, s'assit familièrement sur le bord du lit, prit la main de Mahdi dans la sienne lui dit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma petite dame, vous avez beaucoup de chance, a priori je ne constate rien de grave, seulement quelques blessures superficielles, dont les traces disgracieuses, j'en conviens, disparaîtront dans quelques jours. Au demeurant, je vais vous prescrire des produits pour les y aider. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre, je vais vous prescrire également, une radio de la tête, du crâne plus exactement afin que nous soyons sûrs que vous n'avez aucune fracture ne serait-elle que superficielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Allez, lui dit-il en se levant et en souriant, dans quelques jours, vous aurez retrouvé votre beauté naturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mahdi eut un joli sourire, le naturel féminin reprenait le dessus, un peu de rouge colora légèrement ses joues. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dès que fut parti le médecin, Mahdi s'habilla prestement, tandis que Julien mettait la touche finale au repas qu'il avait lui-même préparé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans la cuisine qu'ils prirent, tous les deux, l'un à côté de l'autre, ce premier et frugal repas, ils avaient tant de choses à se dire que malgré leur fatigue ils se racontèrent. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Julien voulait savoir, tout connaître des heures aventureuses vécues par Mahdi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle lui raconta la jeune fille qu'elle avait secourue sur le trottoir et lui raconta l'intervention de l'énergumène qui l'avait sauvagement frappée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils se rendirent ensemble à la pharmacie, pour la radio, elle prendrait un rendez-vous demain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils se rendirent au commissariat, Julien voulait absolument qu'elle dépose une plainte pour agression, il savait pourtant que cela n'aurait probablement aucun effet, mais on ne sait jamais, il voulait préserver l'avenir. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
De retour à la maison ils s'installèrent dans le salon, allumèrent dans la cheminée un léger feu de bois, Mahdi prit son tricot négligemment posé sur la boîte à ouvrage, Julien choisit un livre dans la bibliothèque, le titre l'avait accroché, « Et toi mon cœur, pourquoi bats-tu », de Jean d'Ormesson. Le silence se fit dans la pièce, troublé par le léger crépitement des bûches qui se consumaient lentement et par le tic-tac de la pendule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Malgré ses efforts et son désir Julien ne parvenaient pas à entrer dans le livre, les phrases dansaient devant ses yeux, il était obsédé par l'histoire que lui avait racontée sa grand-mère, il songeait à cette fille, à Linda, il se disait qu'elle devait être sans aucun doute au point de départ des événements qui s'étaient succédés. Où était-elle en ce moment, il posa le livre sur ses genoux, se tourna légèrement tout en s'adressant à sa grand-mère : Tu ne sais pas où elle se trouve actuellement ?  Mahdi surprise par la question, s'arrêta un instant, le regarda, puis les yeux perdus dans le lointain, comme si elle cherchait à voir au fond de sa mémoire sembla faire un effort. Non dit-elle, je  n'en ai aucune idée. Essaie de te souvenir, n'as-tu pas surpris une parole,  une attitude qui pourrait permettre de se faire une idée ? Mahdi fit un effort surhumain mais ne trouvait pas, ne se souvenait pas, cependant  une image lui trottait dans la tête, attend reprit-elle soudain je me souviens d'une feuille de papier qu'elle tenait dans la main, Mahdi porta la main à sa tempe, comme pour la soulager, attends, je me souviens qu'il y avait noté une adresse, il me semble avoir lu Royan, oui, c'est ça Royan répéta-t-elle, il y avez aussi dit-elle en hésitant une couleur, bleu, je m'en souviens maintenant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toute réjouie elle reprit tranquillement son tricot. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/17/et-si-le-bonheur-08.html</guid> <title>Et si le bonheur;;;;08</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/17/et-si-le-bonheur-08.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Sun, 17 Aug 2008 10:37:17 +0200</pubDate> <description> Depuis deux jours Marco ne décolérait pas, ses hommes l'avait tout d'abord informé qu'ils avaient vu vers 21 heures, Linda monter, avec son fils, une lourde valise à la main, dans une Mégane immatriculée 75 ayant pris la direction de Paris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ca l'avait mis dans une rage folle, Linda, son actuelle compagne, celle qui partageait sa vie, ou du moins une partie de celle-ci, avait décidé, sans rien lui dire, de le quitter, de s'enfuir avec son fils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La petite garce, s'était-il dit en frappant d'un coup de poing rageur le plateau massif de son bureau, la petite salope, me faire ça, à moi, me ridiculiser à ce point, non, ça n'existait pas, ça ne pouvait pas se faire. Elle va voir de quel bois je me chauffe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans perdre un seul instant il avait immédiatement donné des ordres, à 22 heures le motard qu'on appeler ainsi parce que toujours habillé de cuir, le casque soudé sur la tête, était parti à là poursuite de Linda avec l'ordre de repérer son point de chute, de kidnapper l'enfant et de le remettre à José qui, actuellement à Paris, se tiendrait dès le matin à la disposition du motard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le plan s'était parfaitement déroulé, un nouvel incident, très grave celui-là, était venu le perturber.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que le motard ayant rempli sa mission rentrait sur Aix-en-Provence, Marco ouvrant son coffre-fort, pour la première fois, après le départ de Linda, constatait la disparition d'un dossier important concernant le blanchiment d'argent des produits illicites réalisées dans la zone sud de la France dont il était le responsable auprès du grand patron, de celui qu'on appelait Le Boss.. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ca devenez sérieux, trop sérieux même, il fallait encore agir vite. Marco n'hésita pas une seconde, il donna l'ordre au motard de faire immédiatement demi-tour, de retrouver Linda et, par la violence, si c'était nécessaire, mais avait-il besoin de le préciser, récupérer le dossier sensible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il savait que le motard n'avait pas totalement réussi dans son entreprise, s'il avait appris par la force que Linda était partie pour Royan, il était arrivé trop tard pour lui reprendre le dossier. Marco l'avait eu récemment au téléphone, lui avait passé un savon sévère, que l'intéressé ne saurait oublier et lui avait intimé l'ordre de partir immédiatement sur Royan, de retrouver coûte que coûte Linda.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Marco ouvrit son bureau, il aimait arriver une heure avant l'ouverture de la discothèque, avait besoin de réfléchir aimait se préparer à affronter la nuit, mettre au point, avec ses hommes les actions du lendemain et du court terme, il devait gérer de nombreuses activités plus dangereuses les unes que les autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour le moment c'était Linda qui le préoccupait, comment et quand avait-il pu se tromper, cette fille il l'avait découverte quelques mois auparavant  alors qu'elle était serveuse dans un restaurant d'Aix-en-Provence, il avait été attiré par son charme, sa culture, son maintien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il l'avait séduite, avec une idée bien précise dans la tête, en faire une call-girl, il avez jugé qu'il ne pouvait pas l'aborder de front, il allait la préparer, il était sur qu'elle représentait  une véritable mine d'or, en dernière analyse lorsqu'elle aurait perdue sa fraîcheur, il la mettrait sur le trottoir, en ferait une putain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment avait-elle su que  le moment était venu celui de lui faire rencontrer un homme plein aux as, un américain, comment avait-elle pu l'apprendre, et avoir connaissance de ce projet, il n'en avait parlé à personne sauf à José, mais José n'avait pas pu le trahir, les femmes, il s'en foutait et les savoir au turbin, c'était plutôt fait pour lui plaire. Alors qui avait parlé à  Linda ? Il remis à plus tard la réponse à cette question, il savait que tôt ou tard il connaîtrait la réponse. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/16/et-si-le-bonheur-07.html</guid> <title>Et si le bonheur....07</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/16/et-si-le-bonheur-07.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Sat, 16 Aug 2008 08:03:41 +0200</pubDate> <description> En quittant la propriété dans laquelle il avait laissé l'enfant, José regarda sa montre, une Rollex, bijou tapageur de grande classe, gagnée au poker, il y avait de nombreuses années. Midi pile, dit-il tout haut, Hélène, perdue dans la recherche d'un CD de Madonna, qu'elle avait vu ce matin dans la pile qui se trouvait en vrac au fond de la boîte à gants, acquiesça d'un hochement de tête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien qu'il soit plus de midi, José ne rencontra pas une grande circulation.  Dès son entrée dans Bourges, il prit à gauche, passa devant la gare, tourna à droite puis à gauche, admira au passage le célèbre jardin, les Prés Fichaux, et s'arrêta sur la place Saint Bonnet, à la porte d'entrée de l'église du même nom.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il arrêta son moteur, descendit, invita Hélène à en faire autant, viens, lui dit-il, je vais te faire connaître un petit resto sympa. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ferma le 4 x 4, traversa la route et par une petite rue étroite dont la chaussée était couverte de pavés, il déboucha sur la place Gordaine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
José admira une fois de plus l'architecture moyenâgeuse des bâtiments de cette petite place, il y avait passé une bonne partie de sa jeunesse, il ressentit la même émotion que lorsqu'il avait levé sa première fille, qu'il avait soutenu sa première bagarre qui avait eu lieu à l'endroit même où il se trouvait en ce moment, il y avait un peu plus de vingt ans, il avait alors dix-huit ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il songeait que le temps s'était écoulé trop vite, comme le sable entre les doigts, ou plutôt pour ce qui le concernait, comme l'eau de la rivière se brisant  contre les rochers tellement sa vie avait été chaotique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il secoua la tête, haussa les épaules, comme pour se débarrasser d'un passé trop lourd à porter, à moins que ce ne soit le présent qui pèse tant dans la balance de sa vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vite il rejeta de son esprit les images qui l'une après l'autre venaient se superposer, s'imbriquer dans le décor médiéval offert à ses yeux, il s'arracha enfin à ses souvenirs, il n'était pas sentimental, n'exprimait aucun regret, il était dans la vie, la prenait à bras-le-corps telle qu'elle se présentait à lui, il en profitait voilà c'est tout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hélène qui l'observait crut voir dans les yeux de José passer un éclair d'humanité, de douceur, de bonté même, elle en fut un instant troublée, se demanda quel était cet homme qui se trouvait là, à ses côtés, le connaissait-elle vraiment, avait-elle envie de le connaître davantage, elle ne sut que répondre, se promit de faire un peu plus attention à lui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'adorable  restaurant, qu'il avait connu jadis, et dont il avait conservé le souvenir était encore là, il en fut tout heureux, ils entrèrent, apparemment rien n'avait changé, à droite, le bar, minuscule, alignait ses trois tabourets, l'hôtesse d'accueil faisait toujours partie du décor, jeune, épanouie, elle souriait devant la collection de bouteilles pleines et vides alignées sur les étagères de verre transparent. Rien n'avait changé. Si, l'hôtesse, combien de partie de 421 avait-il joué sur la tablette de ce bar, ça le fit sourire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n'était pas l'adorable vieille dame, ancienne sous-maîtresse d'un bordel parisien qu'il avait connue jadis, mais une jeune femme accorte, élégante, qui les invitait à s'installer à table, il reprenait à nouveau possession de la petite salle à manger, six tables de deux personnes, alignés comme à la parade, et au fond de la pièce, une porte qui s'ouvrait sur une salle à manger privée. Là aussi rien n'avait changé tout été petit mais tellement intime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les fenêtres à petits carreaux, encadrées de long rideaux en velours rouge sombre, les soubassements des murs en panneaux de bois, les cimaises recouvertes de tissu en velours lie de vin, les fleurs déposées sur les tables et les plantes vertes ornant les encoignures de la pièce, la douce musique d'ambiance et la lumière tamisée conféraient à ce lieu un pouvoir magique, apaisant, propice aux histoires d'amour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le repas fut un véritable moment de détente, prévenant, il joua le grand jeu, fut attentif aux désirs de sa compagne, elle se laissa prendre au jeu, accepta de bon coeur les marques de sympathie qu'il lui prodigua tout au long du repas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le sourire aux lèvres, heureux d'avoir passé un si agréable moment, José régla l'addition, il invita Hélène à se lever et ensemble, accompagnés par l'hôtesse, se dirigèrent vers la sortie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En franchissant le seuil, ils croisèrent un groupe de quatre personnes, des hommes exclusivement qui se dirigeaient vers le bar, Hélène était déjà sortie, José s'apprêtait à en faire autant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soudain il s'arrêta, brusquement il venait de reconnaître parmi le groupe Polo dit l’anguille, un ancien détenu qu’il avait connu au cours de son dernier séjour à la centrale de Clairvaux. Sentant un regard peser sur lui instinctivement, dans un geste de défense, Polo pivota sur lui-même, et dans le même geste porta la main à sa poche revolver, reconnut José, se redressa, éclata d’un rire gras, tonitruant, communicatif, qui gagna vite toute l’assemblée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il se précipitèrent dans les bras l'un de l'autre, heureux de cette rencontre. Tout en se tenant par les épaules ils se mirent un peu à l'écart. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hélène  aspira un grand bol d’air, elle avait eu très peur, la tension retombée entreprit de faire le tour de cette merveilleuse place avec ses maisons à colombages sous ce ciel bleu parsemé de petits nuages blancs, un vrai&lt;br /&gt;
décor de cinéma. L’espace d’un instant fugitif, s’imagina se trouver dans sa ville natale, Rouen, rue de la grande horloge où ses parents, qu’elle avait quittés sur un coup de tête, vivaient encore. Ah, nostalgie quand tu nous tiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 José et Polo n’en finissaient pas d’évoquer leurs souvenirs, ils ne parlaient pas d’avenir lointain mais de projets immédiats, conscients que leur vie aventureuse, dangereuse, pouvait s’interrompre brutalement à chaque instant, mais c’était leur vie, ils l’avaient acceptée, pas toujours choisie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils restèrent un long moment ensemble, ils avaient tellement de choses à se dire, mais on ne sut jamais quel fut le principal sujet de leur conversation, on les entendit simplement échanger leur numéro de portable avant de se quitter. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/15/et-si-le-bonheur-06.html</guid> <title>Et si le bonheur....06</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/15/et-si-le-bonheur-06.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Fri, 15 Aug 2008 13:47:46 +0200</pubDate> <description> Julien quitta Limoges très tôt ce matin là, il se rendait à Paris. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jeune journaliste, récemment diplômé de l'école de journalisme de Lille, il était  employé comme pigiste, au journal Le Populaire, très vieux journal, vénérable ancêtre, de gauche, bien connu des habitants de Limoges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la suite d'une lettre de motivation, particulièrement bien charpentée exposant ses désirs, ses ambitions, ses prétentions, envoyée à plusieurs journaux nationaux, Julien avait décroché un entretien avec les responsables du journal Libération. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A vingt quatre ans, il était bel homme, actif, volontaire et sportif, pratiquait la course à pied, la natation, le tennis et entretenait sa musculation au centre sportif Saint-Pierre. Il habitait  un petit deux pièces, avenue du Pont Neuf acheté pour lui par ses parents. On ne lui connaissait aucune liaison sérieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il était de fort bonne humeur lorsqu'il enfourcha sa moto, une BMW grosse cylindrée, une bête, 6 cylindres en V, 400km à parcourir, l'autoroute, le vent, la griserie de la vitesse, les rencontres et puis à l'arrivée sa grand-mère qu'il adulait, Mahdi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il respira profondément, d'un coup d'oeil rapide vérifia ses compteurs, il était heureux, filait comme une flèche, semblait glisser sur le long ruban grisâtre, attentif, les yeux rivés sur le lointain. Anticiper, prévoir l'imprévisible, dompter la bête. Il aimait ces longues et solitaires chevauchées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'arrêta près de Vierzon, dans une station-service, fit le plein d'essence, pénétra dans le self service, choisit un casse-croûte, un Coca-Cola, s'assit à une table restée vide. Tout en regardant les usagers se substanter autour de lui, il songeait à son avenir, à l'entretien qui allait, peut-être, changer le cours de sa vie. Il aurait aimé être un journaliste d'investigation, il avait envie de bouger, de remuer, il était curieux par nature, persévérant, aimait le juridique, beaucoup moins l'économique, enfin, se dit-il, on verra demain, en se rapprochant de sa moto.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il reprit la route bien dégagée, la circulation fluide, la douce chaleur de cet été de la Saint-Martin lui donnèrent soudain l'envie de pousser une pointe de vitesse, il accéléra, la moto bondit littéralement, le compteur s'affola, 135, 150, 170, 185, la bonne bête obéissait au doigt et à l'oeil, la puissance jusqu'à l'overdose, la radio à fond, la station à Europe 2 qui diffusait Sirocco, un rock alternatif d'un jeune groupe de Perpignan.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était une chevauchée infernale, il vivait, dominait le danger, tous les indicateurs étaient sous tension, en éveil, le vent jouait avec la musique, il traversait l'air comme une fusée, doublait des véhicules qui lui semblaient lents comme des tortues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soudain l'un de ces véhicules, se rabattit, brusquement, sur la ligne gauche, dans la milliseconde, tous les clignotants de son cerveau s'allumèrent activant des milliers de connexions, il freina à mort, le klaxon se mit à hurler, il ne pouvait éviter l'accident. Dans un éclair il visualisa la trajectoire qu'il devait emprunter, la seule qui pouvait limiter les dégâts, se dit-il, passer coûte que coûte entre la voiture et le rail de sécurité, il crut fermer les yeux, ressentit une très forte secousse, un bruit sec traversa le casque protecteur, la moto partit en une glissade qui n'en finissait pas, la redressa, la remit dans sa trajectoire et ne sut trop comment il se retrouva arrêté sur la bande d'arrêt d'urgence, il tremblait de tous ses membres, il retira son casque, fit quelques pas, aspira profondément, se calma, examina sa machine. Il comprit que le choc entendu c'était son rétroviseur droit sectionné net. Il avait eu de la chance, beaucoup de chance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il arriva, vers onze heures, avenue du Maine, coupa le contact, retira son casque, souffla quelques instants, heureux d'être arrivé à bon port, il mit la béquille, l'antivol et descendit de son engin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il fut surpris de constater que la porte de l'appartement était restée entrouverte, machinalement il regarda autour de lui, ne vit rien d'anormal, n'entendit aucun bruit, il se décida, poussa la porte, entra dans le vestibule, referma derrière lui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout semblait normal, il haussa les épaules, comme pour se moquer de lui-même. Il avança dans la cuisine, étouffa un cri, en découvrant sa grand-mère qui gisait là, sur le sol, le visage tuméfié, couverte de sang, inerte et recroquevillée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle respirait à peine. Sans plus attendre, sans chercher à comprendre ce qui était arrivé, il appela SOS médecin, puis il revint près d'elle, se baissa, la prit dans ses bras, comme elle était légère cette petite chose toute cassée, il la porta avec d'infinies précautions dans sa chambre, la déposa délicatement sur le lit, elle ouvrit les yeux, le reconnut, lui sourit, un léger soupir lui fit comprendre qu'elle était heureuse de le voir, elle referma les yeux, il lui prit la main, ils attendirent ensemble le docteur. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/14/et-si-le-bonheur-05.html</guid> <title>Et si le bonheur....05</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/14/et-si-le-bonheur-05.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Thu, 14 Aug 2008 07:54:55 +0200</pubDate> <description> Linda extirpa de sa poche l'un des deux billets dérobés le matin même à Mahdi, le tendit au chauffeur qui attendait patiemment dans la voiture, elle rangea prestement la monnaie, adressa un sourire au chauffeur qui lui souhaita bonne chance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle avança jusqu'à l'entrée de l'autoroute, eut un mouvement de recul, ils étaient nombreux à attendre la voiture de leur chance, elle prit la file et observa que les candidats au voyage en stop arboraient tous une pancarte sur laquelle était indiquée la destination qu'ils recherchaient. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle n'avait rien entre les mains, que son charme et le diable savait qu'elle en avait du charme, un corps superbement élancé, un visage attachant qu'on ne pouvait oublier ne l'aurait-on vu qu'une seule fois, une peau légèrement cuivrée, lisse et douce, des lèvres charnues appelant les baisers les plus fous, les cheveux bruns, souples, fluides, disciplinés à grands coups de brosse, tombant en vagues sur les épaules et des yeux d'un vert tendre, à faire damner un saint. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était vraiment un beau brin de fille, Linda et sa beauté naturelle, sans aucun artifice était mise en évidence par les vêtements sobres, jean et pull à col roulé, portés avec élégance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et une fois de plus, bien vite, le charme opéra. Lorsque le couple arrêta son cabriolet Volkswagen à sa hauteur, elle ne fut pas surprise, entendit quelques murmures de protestation autour d'elle, n'y prêta aucune attention. Le conducteur, sans arrêter son moteur, descendit, replia son siège pour la laisser monter à l'arrière, c'était une 3 portes, elle s'introduisit, déposa son sac à côté d'elle et se cala, le mieux possible sur son siège, comme si elle se préparait à faire un long voyage. Le conducteur reprit sa place, accéléra et la voiture s'insinua dans la circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Où vas-tu ? Lui demanda le conducteur sans autre forme de préambule.&lt;br /&gt;
- A Royan dit-elle.&lt;br /&gt;
Un éclat de rire lui répondit et le conducteur enchaîna : &lt;br /&gt;
- T'as pas de chance, t'es pas prête d'arriver, nous on s'arrête à Fontainebleau.&lt;br /&gt;
Ce fut à son tour de rire, va pour Fontainebleau, dit-elle en se calant à nouveau au fond de son siège.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils n'eurent pas le temps d'engager une conversation et puis qu'auraient-ils pu se dire, ils ne se connaissaient pas. La voiture s'arrêta à l'entrée de la sortie vers Fontainebleau, le couple lui souhaita bonne chance, elle resta seule sur le bord de l'autoroute. Dommage se dit-elle, ils avaient l'air sympa.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au travers des nuages qui parsemaient le ciel, le soleil chauffait la terre que les pluies de la veille avaient profondément mouillée, assise sur son sac Linda somnolait, elle en avait vu passer des voitures depuis près d'une heure, aucune ne s'arrêtait, c'était compréhensible, elles passaient à grande vitesse, avaient à peine le temps de la remarquer. Un crissements de pneus sur la chaussée, comme une plainte qui se prolonge, lui fit lever les yeux, elle aperçut une voiture qui empruntait la bande d'arrêt d'urgence, elle comprit que c'était pour elle, se leva d'un bond, prit son sac à la main et se mit à courir pour rejoindre la voiture. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Essoufflée elle arriva près de la voiture alors que le conducteur descendait la glace, ils se regardèrent quelques instants, le courant passait bien entre eux, il prit un air enjoué.   &lt;br /&gt;
- Votre voiture est avancée Madame dit-il&lt;br /&gt;
-  Où allez-vous lui demanda-t-elle ?&lt;br /&gt;
- Au bout du monde, répondit-il en ajoutant, si vous n'êtes pas pressée, il enchaîna : trêve de plaisanterie, je vais à Poitiers mais je m'arrête quelques instants à Orléans, si ça vous dit j'ai une place de disponible. Elle accepta, fit rapidement le tour de la voiture, il ne descendit pas, se pencha pour lui ouvrir la portière, elle s'engouffra à l'intérieur, s'installa confortablement sur le siège de cuir, mis sa ceinture et la voiture s'engagea sur la chaussée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le voyage lui parut très court, il était agréable, sympathique, le visage ouvert, un début de calvitie, il donnait l'impression d'une grande honnêteté, il était bavard, parlait beaucoup. Il lui raconta sa vie avec force détails, elle fit mine de le croire, ne lui raconta pas la sienne, une certaine intimité s'installait entre eux, il voulu en profiter, tenta sa chance, pensa que le moment de l'estocade était venu, il étendit le bras, posa délicatement sa main sur la cuisse de Linda, tenta une caresse plus précise, elle sourit, lui prit la main, la déposa doucement mais fermement sur le volant, il avait compris, n'insista pas. Il la déposa à la sortie de Poitiers, elle lui déposa deux baisers sur les joues, voulut le remercier, et lui dit simplement : en d'autres circonstances bien des choses auraient pu se passer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un routier sympa, accompagnée par sa femme, l'avait prise à Poitiers, ils descendaient à Bordeaux, avait fait un léger détour pour la déposer à l'entrée de Royan. Elle avait particulièrement apprécié ce dernier trajet, ils lui avaient proposé de s'allonger sur la couchette de la semi-remorque, sa fatigue avait fait le reste, le ronronnement du moteur et la douce musique au rythme chaloupé diffusée par Nostalgie, avait bercé ses rêves.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En touchant le sol elle reprit rapidement conscience de la réalité, elle était  arrivée au bout de son voyage mais pas au bout de ses ennuis, elle se dirigea vers le front de mer, il était tard, tout en marchant,  elle sorti de sa poche le papier comportant l'adresse de son point de chute : Les Flots bleus - face à la plage.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Elle eut un choc en découvrant la mer, une vision féerique s'offrait à sa vue, le soleil, immense boule de feu, embrasait tout l'horizon, transformant cette étendue d'eau, lui donnant l'aspect d'une lave en fusion, venant doucement mourir sur la plage. Elle s'arrêta, une émotion intense la submergea, contempla un long moment ce spectacle de fin du monde puis émue, bouleversée, elle reprit sa marche vers son destin. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/13/et-si-le-bonheur-04.html</guid> <title>Et si le bonheur....04</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/13/et-si-le-bonheur-04.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Wed, 13 Aug 2008 09:00:00 +0200</pubDate> <description> Elle ouvrit les yeux, quelle heure pouvait-il bien être ? Elle tendit l'oreille, aucun bruit ne perçait les murs de cette chambre, mais où suis-je se demanda Linda. Soudain tout lui revint, comme ça, en bloc puis l'une après l'autre, toutes les scènes qui avaient précédé son malaise. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle sentit à nouveau l'angoisse l'envahir, craintive, regarda autour d'elle, les volets clos laissaient passer une faible clarté, elle eut peur tout à coup, perçut l'imminence d'un danger, une prémonition sans doute, il lui fallait faire vite, elle ne pouvait pas rester inactive, elle ne pouvait pas ne pas agir, son bébé était ce qu'elle avait de plus cher au monde, il fallait le retrouver, le retrouver très vite, elle ne pouvait pas se résoudre à l'abandonner, où était-il en ce moment ? Quel était le monstre qui jouait avec sa vie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 La colère montait  en elle tandis que les larmes inondaient son visage, elle allait quitter cette chambre, mais avant de quitter Paris, elle irait au commissariat de police déposer une plainte, une lionne en furie, décidée, combative.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De rage, elle se saisit de sa valise, la jeta sur le lit comme si elle tenait le monstre à sa merci, elle allait l'ouvrir, arrêta net son geste, elle venait d'apercevoir un document maladroitement plié en quatre, glissé dans le porte étiquette fixé à la poignée, une page d'un cahier d'écolier sur laquelle étaient collées des lettres découpées extraites de journaux divers formant un message qui lui était destiné : &lt;br /&gt;
Pas de police&lt;br /&gt;
Sinon plus de bébé &lt;br /&gt;
Instruction + tard&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle explosa de colère, en lettre de feu un nom s'imposa à son esprit fatigué. Marco, si c'est lui, se dit-elle, je me vengerai, je le tuerai, mais plus que jamais j'ai besoin de Doumé, plus que jamais j'ai besoin de me rendre à Royan, de quitter cette chambre, cet appartement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du regard elle chercha le papier qu'elle tenait dans la main lorsqu'elle avait suivi la vieille dame, elle poussa un soupir de soulagement, elle venait de l'apercevoir, au sol, près du lit, l'adresse de Doumé, le ramassa, le glissa dans sa poche, ouvrit enfin sa valise,  sortit la grande enveloppe dissimulée au milieu de ses vêtements personnels, trouva un stylo sur la table de chevet, elle écrivit son nom et son adresse : Poste restante à Royan.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son enveloppe à la main, elle prit sa valise, gagna rapidement la porte du vestibule, allait sortir, s'arrêta quelques instants, posa sa valise, pénétra dans la cuisine, fit le tour de la pièce, aperçut sur une table au milieu de papiers épars, un porte-monnaie en cuir jaune usé aux quatre coins par le temps, elle l'ouvrit, subtilisa deux billets de 20 €, referma le porte-monnaie, le remit délicatement à sa place, puis, d'un pas décidé, sa valise à la main, gagna la rue et se fondit dans la foule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle avançait dans cette avenue du Maine, ne sachant trop comment se diriger, elle ne connaissait pas Paris, voulait faire du stop.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle passa près d'une boîte aux lettres, la couleur jaune avait attiré son attention, il lui fallait des timbres, comme par hasard le bureau de tabac se trouvait à proximité, la chance est de mon côté, pensa-t-elle, elle acheta ses timbres et glissa sa lettre dans la boîte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Poursuivant son chemin, elle vit une benne, posée sur le trottoir, comme on en voit souvent dans les villes, remplie de matériaux de démolition, qui attendait d'être enlevés, elle distingua plusieurs sacs en plastique, vides mes propres. Une idée lui traversa l'esprit elle s'arrêta, ouvrit sa valise, fit le tri des affaires essentielles qu'elle voulait conserver, les enfouit dans l'un des sacs extirpé de la benne, referma sa valise et la jeta dans la benne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se sentant plus légère, plus libre de ses mouvements elle se mit à la recherche d'un taxi, le trouva rapidement, mais comme elle ne savait pas quelle destination indiquer au chauffeur, un brave homme aux cheveux grisonnants, elle lui précisa qu'elle voulait faire du stop pour se rendre à Royan, il la déposa à la porte d'Orléans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle était sortie de bon matin, Mahdi, son petit-fils Julien s'était annoncé, elle venait de faire ses courses, pensez donc, ça mange un petit-fils d'un mètre quatre-vingt-trois, disait-elle à ses voisines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle était heureuse Mahdi, elle avançait rapidement, aussi rapidement que ses jambes de soixante-huit ans le lui permettaient. Elle se pressait et à petits pas se glissait entre les passants, tirant derrière elle sa valise sur roulettes, comme on en voit dans les gares et les aéroports et dont elle se servait comme sac à provisions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne fallait pas qu'il arrivât avant elle, que dirait-il en trouvant la jeune femme qu'elle hébergeait, pensait-elle, cela la fit sourire, elle s'imaginait le tête-à-tête avec cette inconnue, qui sait, se disait-elle, ça pourrait, peut-être, finir par un mariage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle était têtue, Mahdi, elle avait entrepris une véritable croisade, elle voulait le marier ce petit-fils et chaque fois qu'une jeune femme l'approchait, il suffisait qu'elle soit célibataire pour que tout un cinéma se fasse dans sa tête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle arriva devant sa porte, donna un tour de clé, referma la porte derrière elle, prêta l'oreille, n'entendit aucun bruit, vit au fond du vestibule la porte de la chambre fermée, elle dort encore se dit-elle, la pauvre petite elle était si fatiguée, mais que faisait-elle sur les routes, je le lui demanderai se promit-elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Rassurée elle entreprit de ranger ses provisions tout en se demandant ce qu'elle pourrait bien faire pour le repas de midi, il aurait dû lui dire l'heure de son arrivée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce moment précis, la sonnette de la porte d'entrée tintinnabula, deux coups secs, le voilà se dit-elle en se précipitant, elle n'eut pas le temps d'ouvrir la porte, un coup violent la projeta à terre tandis qu’un énergumène se précipitait dans l'appartement en vociférant. Où est-elle, je la veux, où se cache-t-elle, furieux, gesticulant, il ouvrait toutes les portes, fouillait toutes les pièces, bardé de cuir, casque de motard sur la tête, l'individu paraissait redoutable, déchaîné, prêt à toutes les extrémités, se ruant littéralement sur Mahdi restée au sol, la souleva comme une plume, la précipita sur une chaise dans la cuisine, la prit par les cheveux, lui tira violemment la tête en arrière, tu vas parler, lui disait-il en la secouant, tu vas me dire où elle se trouve. Je ne sais pas balbutiait Mahdi, elle est dans sa chambre. Elle reçut un coup si violent sur la tête que son appareil auditif, son sonotone fut projeté sur le sol. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle avait mal, terriblement mal, sentait le sang couler sur son visage, tout se brouillait dans sa tête, elle ne savait plus, ne comprenait plus, se dit qu'elle allait mourir, qu'elle ne verrait plus son petit-fils, se sentit partir, perdit connaissance et inerte, glissa sur le sol. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Décontenancé, furieux de son échec, l'individu se pencha sur le corps inerte, hésita quelques instants, il n'avait qu'un regret, celui de ne pas avoir réussi, il se ravisa, remplit d'eau froide un grand pichet qui se trouvait sur la table, jeta brutalement son contenu sur la tête de la vieille femme. Elle ouvrit les yeux, l'effroi se lisait sur son visage tuméfié, sans entendre les mots que l'individu lui criait au visage, sans comprendre, l'instinct de survie lui fit murmurer un mot, un seul mot : Royan, qu'elle répéta comme un leitmotiv. L'individu lâcha prise, discrètement il quitta les lieux, enfourcha sa moto et pris la direction du sud.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le magasin de jouets venait de fermer ses portes, il était dix-neuf heures, les deux vendeuses étaient déjà parties, Marilyn arrêtait les comptes de la journée, tandis que Félix baissait la grille métallique protégeant le magasin des intrus pendant sa fermeture.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaque soir, après avoir armé les alarmes, établi la connexion avec le commissariat central, allumé l'éclairage de nuit des devantures, les époux Ballard montèrent dans leur appartement situé au-dessus de leur magasin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était un bel appartement, 150m carrés dont les fenêtres s'ouvraient à l'est sur la rue piétonne la plus commerçante de Dijon, et à l'ouest sur un magnifique jardin, clos de murs, planté d'arbres fruitiers et de fleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, pour autant qu'il soit confortable et très bien situé, cet appartement n'en était pas moins beaucoup trop grand maintenant qu'ils n'étaient plus que tous les deux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce soir là, comme chaque soir, ils éprouvaient le besoin de décompresser, se détendre un peu, les journées étaient très dures surtout à la proximité des fêtes de Noël, la permanence de leur présence au magasin exerçait, sur eux, à l'approche de la cinquantaine, une pression qu'ils avaient de plus en plus de mal à supporter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Félix s'approcha de la chaîne stéréo, tourna l'interrupteur, dans l'instant une musique douce, mélancolique, l'adagio d'Albinoni, enveloppa la pièce. Félix laissa échapper un profond soupir, une larme brilla, comme une perle, dans les yeux de Marilyn. Ils écoutaient pour la 100e fois peut-être, en silence, le disque préféré de Linda l'enfant, leur enfant unique, qui avait fait leur bonheur avant que de les détruire mais dont ils ne pouvaient effacer le souvenir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Machinalement comme d'habitude ils s'installèrent dans les deux fauteuils se faisant vis-à-vis, sans dire un mot, sans se regarder, ils repassaient sans cesse, dans leur tête, le film de leur vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vie, leur vraie vie, avait commencé pour ce jeune couple à la naissance de leur fille Linda, elle était arrivée comme un bonheur tombé du ciel, alors qu'ils ne l'attendaient plus, Marilyn ayant subi une grave intervention chirurgicale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les premières années de cette jeune vie, avaient été pour ce jeune couple un émerveillement, un enchantement, une découverte, un amour merveilleux. À l'école maternelle ils n'eurent que des satisfactions, des compliments, cette petite était active, intelligente et sociable, laissant augurer une excellente scolarité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En primaire, elle avait été le parfait bonheur de leur vie, toujours première dans toutes les matières, enjouée, obéissante, serviable, toutes ces qualités avaient peut-être quelque peu endormi leur vigilance et puis ils travaillaient beaucoup, pour elle, pour lui préparer un avenir confortable, ils s'étaient endormis, pleinement heureux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'était en troisième, au collège, que tout avait basculé, elle se mit à sécher les cours, à leur mentir, à prendre des attitudes agressives, à leur répondre, à ne plus les écouter.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beaucoup trop absorbés par ce commerce qui les dévorait, ils avaient laissé inconsciemment la situation se dégrader. Ils avaient été obligés de sévir, d'interdire, de punir sans effet. Convoqués par le proviseur du collège, ils avaient appris qu'elle entretenait une relation sentimentale avec un élève de seconde dont la réputation n'était pas exemplaire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une nuit, réveillés par des bruits insolites, ils l'avaient surprise faisant le mur, pour se rendre où, jamais ils ne le surent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce fut la consternation, le coup de grâce, lorsqu'ils apprirent qu'elle était enceinte. Ils étaient bouleversés, dépassés par les événements, ne sachant que faire, comment régler ce problème, catholiques pratiquants, ils ne pouvaient se faire à l'idée de lui demander d'avorter, commerçants honorablement connus, ils étaient trop sensibles au qu'en-dira-t-on, ne pouvaient admettre que leur fille puisse avoir à élever un enfant sans père. Il n'y avait donc qu'une solution, pensaient-ils, le mariage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'affrontement avait été terrible, ils n'étaient pas prêts d'en oublier le déroulement, l'entretien qu'ils avaient eu avec les parents du jeune homme les avait humiliés, profondément blessés dans ce qu'ils avaient de plus cher, leur honneur, ils crurent mourir de honte lorsqu'on leur fit entendre que leur fille n'était qu'une petite traînée qui s'offrait au premier venu.&lt;br /&gt;
Sous le torrent des reproches que lui firent ses parents, Linda quitta, sans qu’ils ne la retiennent, le domicile familial, pour ne plus y revenir. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/11/et-si-le-bonheur-03.html</guid> <title>Et si le bonheur....03</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/11/et-si-le-bonheur-03.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Mon, 11 Aug 2008 14:35:31 +0200</pubDate> <description> Dès qu'il eut quitté l'avenue du Maine, le 4 x 4 prit rapidement la direction de la porte d'Orléans et s'engagea, à vive allure, sur l'autoroute du sud, en direction d'Orléans. La route était glissante, la pluie fine qui tombait, il y avait quelques instants, s'était transformée en violente pluie d'orage, les essuie-glace réglés au maximum de leur puissance, balayaient imparfaitement le pare-brise, laissant des zones floues, les voitures qui doublaient en projetant des trombes  d'eau, ajoutaient à l'inconfort de la conduite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le conducteur, manifestement ne semblait pas vouloir forcer l'allure, un homme jeune, la trentaine, athlétique, le teint basané, le visage long, aux pommettes saillantes, le front large, recouvert d'une épaisse tignasse d'un noir de jais coiffée en pétard, les yeux aussi noirs que les cheveux, enfoncés profondément dans les orbites, lui donnaient un air peu engageant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La femme à ses côtés avait le type parfait de l'hôtesse de quelque chose, mince, à la limite de l'anorexie, blonde, les cheveux retombant sur les épaules, les yeux clairs, sûre d'elle, le sourire au coin des lèvres, l'air conquérant, ne laissaient pas présager un intellect très développé, et là sur la banquette arrière, un siège de bébé était occupé par un petit enfant qui dormait, ses petits poings fermés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soudain, le portable, négligemment posé sur la planche de bord, se mit à sonner, la femme décrocha, mit le haut-parleur, &lt;br /&gt;
- salut, elle reconnut la voix, &lt;br /&gt;
- salut, répondit-elle, &lt;br /&gt;
- tout s'est passé normalement ? Interrogea la voix, &lt;br /&gt;
- oui &lt;br /&gt;
- vous avez les consignes, vous poursuivez, rendez-vous dans deux heures.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle reposa le portable, ne dit pas un mot, le conducteur hocha de la tête pour faire comprendre qu'il avait entendu et la voiture poursuivit son voyage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La pluie s'était arrêtée de tomber mais la route restait encore glissante, ils avaient dépassé la sortie en direction d'Orléans&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Putain, dit le conducteur en ralentissant, qu'est-ce que ce bordel ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la sortie d'un virage, on apercevait au loin un rétrécissement de chaussée qu'annonçait une succession de triangles lumineux, la police de l'autoroute était sur place.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Passe-moi les papiers, là, dans la boîte à gants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 La passagère s'exécuta, lui tendit les papiers, il arrêta la voiture alors qu'il arrivait à la hauteur du gendarme préposé à la circulation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce dernier fit lentement le tour de la voiture, demanda poliment les papiers, examina longuement les passagers puis le bébé qui dormait à l'arrière, eut un moment d'hésitation, il n'est pas vieux dit-il en souriant, rendit les papiers au conducteur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Soyez prudents, la chaussée est glissante, dit-il tout en leur faisant signe de dégager. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le conducteur lança son moteur, avança lentement, un poids lourd se trouvait en travers de l'autoroute, la cabine à cheval sur le rail de sécurité, une voiture de tourisme à demi encastrée à l'arrière, un amas de ferraille, deux corps étendus à même le sol, sur le bas-côté, et le personnel médical qui s'affairait autour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une grimace d'horreur se figea sur le visage de la passagère, le conducteur poussa un long soupir, comme pour dire qu'il en avait vu d'autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La voiture reprit une allure de croisière, le conducteur alluma une cigarette, la passagère choisit un CD de Georges Brassens, le glissa dans le lecteur. Tout allait pour le mieux,  la vie était belle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le couple qui voyageait ainsi n'avait que peu de choses à se dire, ils s'étaient rencontrés, il y avait peu de temps, dans une discothèque des environs d'Aix en Provence. José sévissait chaque soir en qualité de videur, Hélène était une habituée bénéficiant du statut d'entraîneuse, au même titre que trois autres jeunes femmes rémunérées à la bouteille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hélène ne sympathisait pas beaucoup avec José, ils se voyaient chaque soir, elle le trouvait trop sûr de lui et conservait, à son égard, une distance bien établie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cependant, ils avaient décidé de faire équipe lorsque le client, principal actionnaire de la discothèque, leur avait proposé, moyennant une coquette somme à se partager, d'exécuter une mission, dont les risques n'étaient pas exclus. Cela ne les avait pas effrayés, habitués qu'ils étaient de vivre en marge de la société.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est ainsi qu'il se trouvaient là, aujourd'hui, tous les deux, conduisant cet enfant chez ses grands-parents, leur avait-on précisé, les raisons, ils s'en foutaient, ils gagnaient leur vie, un point c'est tout. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La voiture quitta l'autoroute en empruntant la sortie de Vierzon, traversa la ville pour prendre la direction de Bourges, à mi-distance elle laissa la nationale, prit une route secondaire, puis sur sa droite un chemin de traverse, une impasse qui conduisait à l'entrée d'une petite propriété, invisible du chemin, totalement enfouie dans un océan de verdure, un vieux portail en fer forgé totalement rouillé en interdisait l'accès. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
José arrêta la voiture, sans couper le moteur, Hélène descendit rapidement, ouvrit le portail qui n'était pas fermé à clef.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques instants plus tard, le bébé, qui dormait encore, fut remis entre les mains d'un couple d'un certain âge, qui laissait à penser qu'ils pouvaient être les grands-parents. Le portable resté dans la voiture fit entendre sa sonnerie, José se précipita, on aurait pu l'entendre dire que la marchandise était arrivée à bon port. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sans plus attendre, les deux couples se séparèrent, manifestement ils ne se connaissaient pas. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/10/et-si-le-bonheur-02.html</guid> <title>Et si le bonheur....02</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/10/et-si-le-bonheur-02.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Sun, 10 Aug 2008 14:11:07 +0200</pubDate> <description> Mady, un sac d'ordures à la main, ouvrait la porte de son immeuble au moment même où la jeune femme s'affaissait lourdement sur le sol, la vieille dame n'entendit pas le cri, elle n'avait pas branché son Sonotone, comprit, sans savoir pourquoi, qu'il s'agissait d'un malaise, se pencha sur le corps inanimé, lui parla doucement tout en lui tapotant les joues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Faut pas nous faire peur, disait-elle, c'est pas bien de rester ici, allons, venez avec moi, je vais vous faire un bon café. L'inconnue ouvrit les yeux, souleva la tête, regarda étonnée autour d'elle, hébétée, comme si elle sortait d'un mauvais cauchemar, aperçut sa valise, fondit en larmes, mon bébé, murmurait-elle, mon bébé, je veux mon bébé, allons venez dit la vieille dame tout en l'aidant à se relever, elle prit la valise d'une main et tout en passant le bras resté libre autour de la taille de l'inconnue, disparut dans l'immeuble dont la porte était restée entrouverte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un observateur averti, aurait pu voir, à l'écart, sur le même trottoir, un jeune couple regardant la scène et lorsque les deux femmes disparurent de leur vue, s'engouffrer dans un véhicule tout-terrain, stationné en double file, démarrer rapidement et se fondre dans la circulation qui devenait, à cette heure matinale, de plus en plus dense.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Paris s'éveillait, sortait de sa torpeur, l'atmosphère était lourde et pesante, les hommes et les femmes, comme des automates, disparaissaient dans les bouches de métro, comme aspirés par une machine invisible, le soleil ne parvenait pas à transpercer la couche d'air sale qui plombait la capitale. C'était un jour triste, un jour comme tant d'autres, une rafale de vent fit frissonner les feuilles des arbres qui commençaient à se couvrir de leur manteau d'automne et la pluie se mit à tomber. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Mady referma la porte de son appartement, à petits pas, tout en la soutenant, elle conduisit l'inconnue dans sa chambre et doucement la fit se coucher sur son lit, là, vous serez bien dit-elle, je m'appelle Mahdi, poursuivit-elle comme si elle se parlait à elle-même, et vous comment vous appelez-vous ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'inconnue ferma les yeux, devait-elle donner son nom, son vrai nom, elle était peut-être recherchée, elle avait tout fait pour laisser le moins de traces possibles, je ne connais pas cette femme se disait-elle, une voix intérieure lui demandait de se méfier mais Mahdi restait debout, attendant une réponse, après un long silence, l'inconnue murmura je m'appelle Linda.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mahdi sortit de la chambre, se dirigea vers la cuisine. Blottie dans la douce chaleur du lit, Linda reprenait ses esprits, elle souleva légèrement la tête, des yeux fit le tour de la chambre cherchant son bébé, la seule vérité, l'affreuse vérité lui sauta au visage et elle se souvint : on m'a prit mon bébé et ne put retenir ses sanglots, elle voulut se lever, il fallait retrouver ce bébé, faire quelque chose, porter plainte, mais contre qui, elle ne le savait pas, contre ses parents, l'ami qu'elle avait quitté, le père biologique, des inconnus ? Elle ne pouvait répondre à cette lancinante question. Epuisée, totalement brisée, incapable de réfléchir, elle retomba lourdement sur le lit, sombra dans un profond sommeil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mahdi revint quelques instants plus tard portant dans ses mains jointes un grand bol de café fumant, elle s'immobilisa, sourit, souleva les épaules, déposa le bol sur la table de chevet, fit demi-tour, et sans faire de bruit, à petits pas, regagna sa cuisine en refermant la porte derrière elle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle prit une chaise, s’assit quelques instants, voilà qu’elle avait charge d’âme, elle s’interrogeait, se demandait combien de temps cette inconnue qui lui tombait du ciel allait rester auprès d’elle, non pas que ça lui déplaise mais ça bouleversait son quotidien, les courses, les repas, elle se contentait de peu de si peu de chose. La grande pendule à balancier qui lui venait de sa mère et qu’elle avait toujours vue dans la famille, se mit à sonner, mentalement elle compta dix coups, se leva vivement, déjà dix heures dit-elle, levant les bras au ciel, il faut que je m’active, j’ai tant de choses à faire. </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/09/et-si-le-bonheur-01.html</guid> <title>Et si le bonheur....01</title> <link>http://edmond.blogspirit.com/archive/2008/08/09/et-si-le-bonheur-01.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (becamiel)</author>  <pubDate>Sat,  9 Aug 2008 09:25:00 +0200</pubDate> <description> &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://edmond.blogspirit.com/media/00/00/8d91e67728c34b4896a8d81fe12c8dcb.jpg&quot; id=&quot;media-233540&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;2402f59f2b0c61cd5d6eefee27da11e4.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Voici le début de la publication de mon dernier roman :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Et si le bonheur c'était pour demain&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n'eut même pas la courtoisie, la moindre délicatesse de l'aider à descendre sa valise, une énorme valise qui contenait toute sa richesse, elle tenait son tout jeune fils par la main, il les avait déposés entre deux voitures en stationnement avenue du Maine, dans ce Paris qui lui faisait si peur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ils avaient roulé toute la nuit, elle était fourbue, cassée, la tête brinquebalante, ils étaient là, sur le bord du trottoir, son petit bonhomme dormant debout, sa petite main accrochée à la valise, comme un petit chien à son os. Qu'allaient-ils devenir perdus dans ce Paris immense, seuls au milieu de cette grande ville, il lui fallait se rendre à la gare d'Austerlitz, c'était écrit sur le papier qu'elle tenait à la main, elle ne savait comment s'y rendre, quelques euros seulement en poche lui interdisaient de prendre un taxi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle ne prit pas garde à la voiture qui s'arrêta près d'elle, elle vit, sans  le remarquer, l'homme se pencher à la portière, lui adresser la parole. Elle s'avança, écouta poliment les questions, non elle n'était pas du quartier, non elle ne savait pas où se trouvait le commissariat, l'homme se redressa, excédé, mis les mains sur le volant, accéléra  et la voiture partit en trombe, elle la regarda s'éloigner, haussa les épaules. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle allait se retourner mais son regard fut attiré, pendant quelques instants, par le manège d'une petite fille poussant de grands cris, et tapant du pied sur le sol, refusant de suivre la jeune femme qui l'accompagnait, conflit de génération pensa-t-elle en souriant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Soudain son sourire se figea, un souffle d'air froid la saisit tout à coup, avertissement ou prémonition ? Elle n'eut pas le temps de répondre, d'instinct elle se retourna, n'en crut pas ses yeux, non, c'était un cauchemar, elle allait se réveiller, elle porta les mains à sa poitrine, son bébé n'était plus là, la valise était seule sur le trottoir, l